Une semaine chargée pour Jacques Chirac

POLITIQUE Renvoyé en correctionnelle, l'ancien président de la République publie jeudi le premier tome de ses mémoires...

Charlotte Mannevy (avec AFP)

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L'ancien président a bénéficié 
de l'immunité de 1995 à 2007.
L'ancien président a bénéficié de l'immunité de 1995 à 2007. — VILLARD / SIPA

Nul doute que Jacques Chirac, resté silencieux jusqu'ici, aura l'occasion cette semaine de s'exprimer sur son renvoi en correctionnelle. L'agenda de l'ancien président de la République, qui publie jeudi le premier tome de ses mémoires, Chaque pas doit être un but (éditions Nil), est en effet chargé: parution des «bonnes feuilles» dans Le Point de cet ouvrage tiré à 230.000 exemplaires, qui retrace sa vie depuis sa naissance jusqu'à son accession à l'Elysée, entretiens à différents médias et participation, samedi, à la 28e foire du livre de Brive (Corrèze).

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Mais le coup de tonnerre que représente le renvoi en correctionnelle de l'ancien président, une première sous la Ve République, devrait occulter ses écrits. Pour l'instant, en dehors du communiqué diffusé par son bureau vendredi, dans lequel il «prend acte» de la décision du juge d'instruction, Jacques Chirac n'a fait aucun commentaire direct sur son renvoi en justice dans le dossier des emplois fictifs de la Mairie de Paris alors qu'il était maire de la capitale, entre 1977 et 1995.

A droite comme à gauche, la classe politique est partagée sur la décision prise à l'encontre de l'ancien chef d'Etat, qui a bénéficié de l'immunité présidentielle de 1995 à 2007. Sans surprise, le PS a jugé «légitime» la demande de la juge d'instruction. Une position partagée par la secrétaire d'Etat à l'Ecologie: «La justice doit être la même pour tous», a déclaré dimanche Chantal Jouanno, se démarquant de l'UMP, où l'on souligne l'ancienneté des faits reprochés. «L'acharnement n'est jamais souhaitable», a ainsi jugé le député de la majorité Jean-François Lamour. Quant à Nicolas Sarkozy, il s'est refusé à tout commentaire, invoquant «le principe de séparation des pouvoirs». Les Français, eux, ont tranché, selon un sondage réalisé ce week-end par l'institut BVA : 77 % estiment que Jacques Chirac est «un justiciable comme les autres».