Des expulsés toujours livrés à eux-mêmes

LOGEMENT En ce début de trêve hivernale, «20 Minutes» fait le point sur l'obligation de relogement...

Laure de Charette

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Manifestationà la chambre nationale des huissiers, à Paris, vendredi, à l'appel du DAL.
Manifestationà la chambre nationale des huissiers, à Paris, vendredi, à l'appel du DAL. — F. GUILLOT / AFP

«Cette année, il n'y aura plus personne à la rue en conséquence d'une expulsion.» Christine Boutin, alors ministre du Logement, avait lancé cette promesse en mars dernier. Sept mois plus tard, et alors qu'a débuté hier la trêve hivernale interdisant toute expulsion d'un locataire, son engagement a du plomb dans l'aile. Cette année, les mises à la porte se sont poursuivies, voire intensifiées, selon les associations - les chiffres, qui ne seront connus qu'en 2010, devraient dépasser les 11.294 expulsions effectives de 2008. En outre, peu de propositions d'hébergement ou de relogement ont été faites aux milliers de familles qui se sont retrouvées à la rue, contrairement à l'ordre donné aux préfets.

Dès juin, moins de solutions trouvées

«Une fois de plus, la promesse n'a évidemment pas été tenue, déplore Patrick Doutreligne, de la Fondation Abbé-Pierre. Dans la foulée de l'annonce, certains préfets ont pu veiller à ce qu'une solution soit trouvée, mais dès juin, c'était fini.» Christine Boutin avait également obligé chaque département à se doter d'une commission de prévention des expulsions, afin de détecter les situations difficiles. «Les 30 % de départements qui en étaient dépourvus en ont effectivement créé une», reconnaît Patrick Doutreligne. Quant au développement promis de l'intermédiation locative, qui permet à des assoces de sous-louer des logements, patience : «Il sera budgété début 2010.» En attendant, l'Ile-de-France teste déjà le dispositif «Solibail», qui assure aux propriétaires le paiement du loyer et l'entretien de leur bien, tout en permettant à des familles de rester dans leurs murs. Les autres devront se contenter d'un sursis hivernal de quatre mois et demi.