Des pompiers portent plainte contre des spéléologues «irresponsables»

JUSTICE Le service de secours de la Drôme réclame le remboursement des sommes dépensées pour un sauvetage...

O.R.

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Carte de localisation de Bouvante, dans la Drôme.
Carte de localisation de Bouvante, dans la Drôme. — DR

Entre 25.000 et 40.000 euros ont été nécessaire au sauvetage d'un spéléologue prisonnier des eaux, fin octobre, dans la Drôme. Le service départemental d'incendie et de secours crie à l'irresponsabilité des deux spéléologues partis en exploration: matériel insuffisant, alerte donnée tardivement... L'énervement est tel que le président du service a écrit, vendredi, une lettre au procureur de la République de Valence, raconte Le Dauphiné Libéré.

«Il y a des moments où on doit être responsable de ses actes» estime Pascal Pertusa, président du service départemental d'incendie et de secours (SDIS) de la Drôme, au micro de France Info. Du coup, le service des secours réclame le remboursement des frais mis en oeuvre pour le sauvetage. Il porte plainte pour «mise en danger la vie d'autrui», pour l'un des deux spéléologues, et pour «non-assistance à personne en danger et entrave à la distribution des secours» pour le second.

Dix-sept sapeurs-pompiers et 55 sauveteurs, dont quatre plongeurs, étaient intervenus le 24 octobre pour secourir le spéléologue expérimenté, bloqué dans la grotte de Bouvante par une montée d'eau souterraine. Partis le samedi matin, ils l'avaient récupéré sain et sauf dans la soirée.

«Je suis révolté par cette attitude»

«Ce sont des spéléologues chevronnés, et ils sont descendus alors qu'ils avaient parfaitement connaissance de la météo. Ils avaient également conscience que cette période était favorable au phénomène de crues et à la création de siphons dans cette grotte.», s'énerve Pascal Pertusa, dans les colonnes du Dauphiné Libéré. Il refuse que le contribuable drômois prenne en charge les frais.

De son côté, contacté par le quotidien, l'un des spéléologue s'insurge: «Je suis déçu, révolté par cette attitude. C'est grave, ils veulent nous faire culpabiliser. Je me pose cette question : nous vivons dans quel monde?»

Et vous qu'en pensez-vous? Les secours doivent-ils toujours être gratuits?