Francis Evrard est un «prédateur» froid et sadique

JUSTICE C'est ainsi que les experts ont décrit l'accusé, à la veille du verdict dans son procès pour l'enlèvement et le viol du petit Enis en août 2007 à Roubaix...

B.D. avec agence

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Les dossiers contenant les pièces du procès de Francis Evrard, dans la Cour d'assises du Nord, à Douai, le 26 octobre 2009.
Les dossiers contenant les pièces du procès de Francis Evrard, dans la Cour d'assises du Nord, à Douai, le 26 octobre 2009. — BAZIZ CHIBANE/SIPA

Francis Evrard ne peut pas être soigné. C'est ce qui ressort de la plupart des témoignages des experts jeudi , devant la cour d'assises du Nord. Ils l'ont décrit comme un «prédateur» froid et sadique.

Cependant, certains thérapeutes ont estimé que l'accusé, qui a commis ses premières agressions à 16 ans (il en a aujourd'hui 63), pouvait encore être traité. Evrard est «accessible à certains soins», permettant «une reconstruction, voire une construction du +moi+ qui prenne en compte ses traumatismes» et «une prise de conscience de la souffrance de l'autre», a ainsi affirmé Christine Pouvelle, qui l'a rencontré par deux fois en décembre 2007. Pilonnée par l'avocat général et les parties civiles, la psychologue a néanmoins concédé que de tels soins seraient «difficiles (à engager) à son âge».

«Irrécupérable»


Malgré des divergences, les psychiatres sont en revanche quasiment unanimes: détenu depuis plus de trois décennies pour des faits similaires, l'accusé est irrécupérable. Pour le docteur Jean-Luc Pourpoint, sa «conduite pédophile habituelle, profondément ancrée» laisse «peu de chances d'évolution» et «le risque de récidive est quasi inéluctable».

Le psychiatre Bruno Fengler, qui l'avait examiné le lendemain de son arrestation à Roubaix, a rangé Evrard dans la catégorie des «prédateurs» et des «pervers structurels» qui ne cherchent «pas uniquement» à assouvir un désir mais qui aime(nt) faire souffrir». «La notion de curabilité de ses pulsions pédophiles ne me semble guère envisagée», a-t-il indiqué.

Le Viagra non-coupable

Le sexologue Francis Collier est par ailleurs venu expliquer que le Viagra qui lui avait été prescrit par un médecin de la prison de Caen un mois avant sa libération le 2 juillet 2007, n'avait pu jouer aucun rôle prépondérant dans la commission des faits. «Le Viagra joue sur l'érection mais absolument pas sur les autres données de la sexualité, et en particulier elle n'agit pas sur le désir», a-t-il affirmé.

Le verdict est attendu tard vendredi.