Procès de Francis Evrad: un médecin lui a prescrit du viagra

JUSTICE Francis Evrard s'était procuré la pilule érectile grâce à un médecin de la prison de Caen...

Olivier Aballain

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M6 diffuse dimanche après-midi un entretien avec le pédophile récidiviste Francis Evrard, réalisé en 2000 alors qu'il était en prison, dans lequel l'homme aujourd'hui âgé de 61 ans refusait notamment un traitement anti-hormonal contre ses pulsions.
M6 diffuse dimanche après-midi un entretien avec le pédophile récidiviste Francis Evrard, réalisé en 2000 alors qu'il était en prison, dans lequel l'homme aujourd'hui âgé de 61 ans refusait notamment un traitement anti-hormonal contre ses pulsions. — AFP/Archives

Malaise. C'est l'un des effets secondaires du Viagra. C'était aussi le fil rouge de la troisième journée du procès Evrard, hier aux Assises de Douai. Après une matinée consacrée aux errements du service d'application des peines, c'est la médecine pénitentiaire qui a fait les frais de l'audience dans l'après-midi. Très attendu, le débat s'est focalisé sur la prescription de Viagra à Francis Evrard avant sa sortie de la prison de Caen.

«Pas grave» pour le docteur


Les analyses effectuées sur le pédophile après son arrestation, dans la nuit du 15 au 16 août 2007, ont en effet établi qu'il avait absorbé la pilule érectile au début de cette journée fatale du 15 août. Soit quelques heures avant d'enlever le petit Enis à Roubaix, pour le violer. «Pour moi ça n'était pas grave», a expliqué le Dr Philippe Guivarc'h, qui a prescrit le traitement à la demande de Francis Evrard le 19 juin 2007, lors d'une visite de préparation à la sortie de prison.

«Retrouver une vie normale»

Le futur ex-détenu lui avait alors signifié qu'il souhaitait «retrouver une vie normale». Il a acheté les pilules bleues le 2 juillet, le jour même de sa sortie. Pour se justifier, le Dr Guivarc'h -qui avait d'abord nié être le prescripteur- précise que depuis 1994 les médecins en prison n'ont plus accès au dossier judiciaire de leur patient. «Pour moi ce sont des patients normaux, je ne veux pas savoir ce qui leur a été reproché», assène Philippe Guivarc'h, qui exerce aussi en médecine de ville à Caen.

«Mais vous savez que dans cet établissement il y a 80% de détenus condamnés pour crimes sexuels, s'est étonné l'avocat général. Est-ce qu'il ne convenait pas de nuancer ce principe ?» Malmené, le médecin acquiesce après coup. «Maintenant quand on a cette requête je demande une concertation avec mes confrères.»