Présidence française de l'UE: la douche de la discorde

POLITIQUE La polémique rebondit...

B.D.

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Nicolas Sarkozy lors de son discours au Parlement Européen, à Strasbourg, le 16 décembre 2008.
Nicolas Sarkozy lors de son discours au Parlement Européen, à Strasbourg, le 16 décembre 2008. — P. HERTZON / AFP

Le rapport de la Cour des comptes sur les dépenses de la France en tant que présidente de l’Union Européenne fait polémique. Dans la ligne de mire, les travaux effectués au Grand Palais, à Paris, pour lancer le projet d’Union pour la Méditerranée, le 13 juillet 2008. Et notamment à la construction d'un bureau spécial avec douche pour Nicolas Sarkozy, flanqué de salons pour entretiens bilatéraux, pour un coût de 245.572 euros.

La Cour évoque aussi une dépense de 653.703 euros pour l'aménagement d'un système de climatisation, de 91.500 euros pour une moquette éphémère, de 194.900 euros pour des jardinières et de 136.000 euros pour un fond de scène. Sur la globalité de l'enveloppe de la présidence française, la Cour constate que les dépenses ont été équivalentes à celles de la présidence allemande en 2007, mais ont été cependant très supérieures aux présidences françaises précédentes de 1995 (14,1 millions d'euros) et de 2000 (56,9 millions), et aussi à celles des autres présidences les plus récentes, qui se sont situées entre 70 et 80 millions d'euros. Le député apparenté socialiste René Dosière s'était indigné mardi des révélations de ce rapport, dénonçant des «dépenses incroyables, insupportables et inacceptables».

«La douche de Sarkozy»


Du coup, les membres du gouvernement sont montés au créneau, mercredi. Le ministre du budget, Eric Woerth, a ainsi affirmé que la France a dépensé moins qu'initialement prévu pour assurer la présidence de l'Union européenne en 2008 et «n'a pas à rougir» du coût de celle-ci. Le budget de la présidence de l'UE a représenté 2,40 euros par Français et 6,70 euros par habitant au Portugal, a cité en exemple le ministre, estimant qu'«on n'a pas à rougir du coût de la présidence».

Cependant, en Europe, et notamment en Grande-Bretagne, les esprits s’échauffent sur la «douche de Sarkozy». L’affaire fait la Une du quotidien gratuit Metro, la photo de la douche en question est publiée dans le Daily Mail, et le Guardian en fait un article complet.

«Il ne s'agit pas d'une douche mais de l'installation provisoire de salles de rencontres bilatérales, huit salles qui ont permis aux chefs d'Etat et de gouvernement qui venaient à ce sommet, comme c'est le cas dans tous les sommets internationaux, de se rencontrer», a rectifié Luc Chatel. «Le président de la République ne demande pas à prendre sa douche au Grand Palais. Il prend sa douche à l'Elysée ou chez lui», a-t-il ajouté.