312 sans-papiers expulsés d'un immeuble qu'ils occupaient

SOCIAL Il occupaient le siège social de la Fédération nationale des travaux publics...

William Molinié

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Les sans-papiers qui occupaient le siège social de la Fédération nationale des travaux publics ont été expulsés le 28 octobre. 
Les sans-papiers qui occupaient le siège social de la Fédération nationale des travaux publics ont été expulsés le 28 octobre.  — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Ils auront tenu 18 jours. Trois cent douze sans-papiers grévistes ont été expulsés, hier, du siège social de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), qu'ils occupaient depuis le 13 octobre à deux pas des Champs-Elysées (8e).

Le tribunal de grande instance de Paris avait, la veille, ordonné aux sans-papiers de quitter les lieux. Après être sortis dans le calme, peu après 16h, ils se sont assis devant l'immeuble, bloquant la rue de Berri pendant plusieurs heures. «Nous resterons ici jusqu'à notre régularisation», assure Konaté Kandioura, un des leaders du mouvement.

Dispositif policier impressionnant

Mais le dispositif, impressionnant, de la préfecture de police qui a mobilisé une quinzaine de fourgonnettes et un bus de CRS, a rapidement découragé ceux qui voulaient passer la nuit sur la chaussée. «C'est une décision de justice. On ne discute pas avec la justice. Maintenant, il faut partir», scande un sans-papier à quelques-uns de ses camarades, se dispersant dans le calme, djembés au cou et sifflets dans la bouche.

«C'était devenu impossible. On devait annuler toutes nos réunions. Plus personne ne pouvait travailler», explique un porte-parole de la FNTP. Depuis deux semaines, près de 4.000 travailleurs sans-papiers se seraient mis en grève en Ile-de-France et occuperaient une quarantaine de sites symboliques des secteurs du nettoyage, de la restauration ou des bâtiments publics. Ils dénoncent notamment «l'arbitraire préfectoral» dans l'examen des dossiers de régularisation par le travail.