Freiner au maximum les conjoints violents

POLITIQUE Quand les violences conjugales ont des conséquences, au-delà des conjoints...

Laure de Charette

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La politique à l'égard des femmes battues ne cesse d'évoluer. Désormais s'impose l'idée que les enfants aussi peuvent être victimes, sur le plan psychologique, des coups assénés par leur père sur leur mère à la maison. Et que ce ne doit plus être à la victime de déserter le domicile mais à l'agresseur.

Forte de ces changements de conception, la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie souhaite faire évoluer le droit. Elle a dévoilé à 20minutes.fr les mesures prochainement mises en place afin d'enrayer les violences au sein du couple. Il serait temps : en 2008, 156 femmes, dont beaucoup de jeunes de 20 à 24 ans, sont mortes sous les coups de leur compagnon, soit une femme tous les trois jours.

Eloignement

Les concubins trop agressifs ne peuvent être éloignés de leur maison ? Ils le seront d'ici l'été prochain. Les maris peuvent menacer impunément leur victime sur le pas de la porte ou les suivre en voiture le long du trajet de l'école à la maison ? Ils pourront bientôt être persona non grata dans le quartier. La ministre va lancer ou étendre prochainement plusieurs expériences visant à mieux prendre en charge les victimes, et à mieux endiguer le passage à l'acte des hommes violents.

En Europe, plus d'un quart des femmes subissent des violences physiques au moins une fois dans leur vie et plus d'un dixième sont victimes de violences sexuelles. Ca et là, des "bonnes pratiques" sont expérimentées. Ainsi en Espagne des tribunaux spécialisés jugent les maris violents, en Autriche une formation spécifique est délivrée aux policiers chargés d'expulser de leur foyer les conjoints violents. La ministre dit "étudier" ce qui se fait chez nos voisins. S'inspire parfois de dispositifs, comme celui des bracelets électroniques, mis en place à Madrid. En tout cas, l'heure est à la levée d'un tabou en France : le nombre de plaintes pour violences volontaires domestiques a augmenté de 31 % en trois ans. Presque une bonne nouvelle.