La galaxie Villepin: Qui sont les soutiens de l'ancien Premier ministre?

POLITIQUE Passage en revue des troupes favorables à Dominique de Villepin...

Bérénice Dubuc

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 Dominique de Villepin à France Inter le 28 octobre 2009.
 Dominique de Villepin à France Inter le 28 octobre 2009. — DR
Les soutiens politiques
Dominique de Villepin peut compter sur un petit noyau de personnalités politiques, dont une quinzaine de députés de la majorité, ouvertement villepinistes. «Chacun a un profil différent, explique le député de l’Essonne Georges Tron, mais tous sont sensibles à ses discours sur le service public, sur l’organisation d’une société plus juste.» Le député rappelle que la plupart étaient déjà aux côtés de Dominique de Villepin en 2006, lors de la bataille du CPE (Contrat première embauche). Ils sont également à l’origine du club Réforme et modernité, créé par Hervé Mariton et François Goulard, et dont les membres appartiennent à l’UMP, au MoDem, ou ne sont pas encartés.
 
Géographiquement, cette poignée de députés représente «l’ensemble de la France», vante Jean-Pierre Grand, autre fidèle parmi les fidèles. «Ils viennent de Bretagne (François Goulard, député du Morbihan, Jacques Le Guen, député du Finistère), de la région Sud (Jean-Pierre Grand, député de l’Hérault), ou encore de la banlieue parisienne (Marie-Anne Montchamp, députée du Val-de-Marne).»
 
D’autres députés se réclamant du gaullisme semblent tenter un rapprochement, à l’instar du président de Debout la République (DLR), Nicolas Dupont-Aignan, présent mardi soir au rassemblement autour de Dominique de Villepin à la Maison de l’Amérique latine, à Paris. Bien qu’il était «le bienvenu», les villepinistes ne sont pas prêts à «faire de la politique politicienne», selon Jean-Pierre Grand. «Si les gens veulent nous rejoindre, ils le font. Mais nous ne négocierons pas pour qu’ils le fassent.»
 
Les Web partisans
Et c’est grâce à ses appuis politiques que Dominique de Villepin s’est fait un nom sur la Toile. C’est en effet Brigitte Girardin, ancienne ministre chiraco-villepiniste, qui a créé en juin dernier le «club Villepin», véritable base militante 2.0.
 
Un autre site qui fait le plein, c’est le réseau social Villepincom. Le réseau compte presque 3.200 membres, dont environ 500 ont été recrutés depuis mardi soir. Christophe Carignano, le responsable du blog communautaire interrogé par 20minutes.fr, explique qu’en-dehors des villepinistes de la première heure, «le petit groupe de bloggeur qui l’a toujours suivi», les membres du réseau sont «des gens qui n’étaient pas très Internet auparavant. Ils ont 50 ou 60 ans, et sont sur le réseau social pour entrer en contact» avec les autres supporters de l’ancien locataire de Matignon. «Grâce à notre interface, qui est souple d’utilisation, on retrouve des gens plus âgés et moins connectés», même si les 18-35 ans forment le gros des troupes. Pour Christophe Carignano, c’est un «vrai mouvement populaire, qui va de 7 à 77 ans».
 
Les membres du réseau sont pour la plupart non encartés, et se répartissent en trois tiers: «Il y a un tiers de déçus de la gauche, un tiers qui soutenaient auparavant l’UDF ou François Bayrou, et un tiers de Gaullistes», décompte Christophe Carignano. Et cette dernière mouvance «tend à s’élargir ces derniers temps, avec l’arrivée de ceux qui se disent proches de Dupont-Aignan, d’anciens membres du RPR, et, nouveauté, de plus en plus d’ex-sarkozystes, qui ne se retrouvent plus dans la vision du président».
 
A côté de ces blogs «officiels», l’ancien Premier ministre dispose d’une trentaine d’autres sites de sympathisants, issus d'«initiatives personnelles», comme celui de Laurent Pinsolle, crétaur du blog Gaulliste-Villepiniste, ancien militant du RPR entre 1991 et 1999, passé depuis au mouvement Debout la République.
 
La base électorale
C’est là que le bât blesse: Dominique de Villepin n'a jamais été élu au suffrage universel, n’a pas de «fief, ne dispose pas non plus d'un soutien massif dans l'opinion contrairement à ce qu'il veut faire croire», rappelle Slate. L’ancien locataire de Matignon n’a jamais fait campagne, et n’a donc pas de base militante «dans la vraie vie», sur laquelle il pourrait s’appuyer. Il le sait, mais, dit-il, cela ne l’empêche pas d’agir.