La lourde «lacune» dans le suivi medico-psychologique de Francis Evrard

JUSTICE A l'époque du viol, personne n'a repris le dossier pendant les vacances de la juge d'application des peines...

J. M. et O. A. à Douai

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M6 diffuse dimanche après-midi un entretien avec le pédophile récidiviste Francis Evrard, réalisé en 2000 alors qu'il était en prison, dans lequel l'homme aujourd'hui âgé de 61 ans refusait notamment un traitement anti-hormonal contre ses pulsions.
M6 diffuse dimanche après-midi un entretien avec le pédophile récidiviste Francis Evrard, réalisé en 2000 alors qu'il était en prison, dans lequel l'homme aujourd'hui âgé de 61 ans refusait notamment un traitement anti-hormonal contre ses pulsions. — AFP/Archives

Quand il a enlevé, puis violé le petit Enis en août 2007, le suivi médico-psychologique de Françis Evrard n'était plus assuré. La juge d'application des peines (JAP) de Rouen, en charge du dossier à l'époque, a reconnu ce mercredi à l'audience «un fonctionnement anormal du service».

La magistrate est partie en vacances le 16 juillet 2007, pour un mois. Mais son confrère censé prendre le relais sur le suivi de Francis Evrard n'a pas repris le dossier. Une «lacune», selon le procureur de Douai, qui pourrait avoir pesé lourd, puisque c'est dans ce laps de temps que l'homme aurait abusé du petit Enis.

La JAP refuse de balancer

«Je préfère signaler que ce ne sont pas les services d'application des peines qui sont en accusation», a tenu à préciser la JAP de Rouen dans un brouhaha envahissant la salle d'audience. La magistrate, au grand étonnement du président, a d'ailleurs refusé de donner le nom de son confère mis en cause.

«C'est quand même incroyable que dans le service public de la justice, on arrive pas à gérer les vacances comme le font toutes les entreprises françaises», s'est indigné de son côté l'avoca de Francis Evrard, Jérôme Pianezza. Selon lui, «on ne peut pas et on  ne veut pas dire ce qu'il s'est passé».

Les médecins entendus cet après-midi

Pour Emmanuel Riglaire, l'avocat de la défense, le problème n'est pas là. «C'est vrai que le système a mal fonctionné. Mais si tout avait fonctionné, cela n'aurait rien changé car on a vu qu'Evrard n'était pas dans une logique constructive. Il avait prévu de se soustraire à l'obligation de soins.»

Après cette passe d'armes, ce sera au tour de plusieurs médecins d'être entendus ce mercredi après-midi par la cour. Le tribunal cherche à déterminer lequel de ces praticiens a prescrit du Viagra à Francis Evrard, peut-être même pendant sa détention.