La piste de l'assassinat de Boulin relancée

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L'étang où le corps a été retrouvé.
L'étang où le corps a été retrouvé. — STF / AFP

Ils sont prêts à témoigner de « leur vérité ». Trente ans après la mort de Robert Boulin, de nouveaux aveux ont relancé, hier, la piste de l'assassinat politique. Pressenti pour Matignon, le ministre du Travail de Valéry Giscard d'Estaing avait été retrouvé mort dans 50 cm d'eau dans l'étang du Rompu à Saint-Léger-en-Yvelines en 1979. La justice avait conclu à la thèse d'un suicide après absorption de barbituriques.

Mais de nouveaux témoignages, révélés hier par France Inter, contestent cette version officielle. « Un policier assure que son oncle a assisté à l'assassinat, un autre confirme que les mains de mon père étaient liées quand on l'a sorti de l'étang, nous explique Fabienne Boulin, la fille du ministre. Avec ces nouveaux éléments, le juge ne peut que rouvrir l'enquête. »

En fait, ces « nouveaux éléments » étaient connus dès 2007 et la publication d'Un homme à abattre*. La seule chose qui change, c'est que les auteurs de ces révélations sont aujourd'hui prêts à témoigner devant la justice. Parmi eux, la fille d'Alexandre Sanguinetti, l'un des proches de Robert Boulin. « Mon père m'avait clairement parlé d'un assassinat. Robert Boulin avait vu des choses qu'il n'aurait pas dû voir [un réseau de fausses factures], raconte-t-elle. A la mort de mon père, j'ai aussi reçu la visite de personnalités politiques qui cherchaient des documents. Juste après, nous avons été cambriolés deux fois... » Deux ans après avoir essuyé un refus de la justice française, Fabienne Boulin compte donc réclamer la réouverture de l'enquête. « Cette fois-ci, on ira jusqu'à la Cour européenne des droits de l'homme s'il le faut ! » W

Vincent Vantighem

* De Benoît Collombat (Fayard, 2007)