Laeticia Sanguinetti: «De toute façon, personne ne croyait au suicide» de Boulin

INTERVIEW La fille d'Alexandre Sanguinetti, membre influent du Service d'action civique, le sulfureux service de sécurité gaulliste, réagit aux nouveaux éléments révélés ce mardi...

Propos recueillis par Vincent Vantighem
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AFPTV
Votre père tout comme vous, étiez très proches de Robert Boulin. Comment réagissez-vous aux éléments nouveaux sur la thèse de son assassinat?

Pour moi, ce n’est pas neuf. Il n’y a pas clairement d’éléments nouveaux. Il y a surtout des témoignages que Benoît Collombat a su mettre en lumière dans son livre*. Cet ouvrage est presque une instruction. Ça a délié les langues. Les consciences. Ça permet à Fabienne Boulin de réclamer la réouverture de l’enquête.
 
A quel titre, s’il n’y pas d’éléments nouveaux?
Sur la foi des témoignages. On a l’impression que les acteurs de ce dossier sont prêts à parler à la justice désormais.
 
Vous aussi?
Oui, je suis prête à témoigner. Après la mort de Robert Boulin, mon père m’a dit «Je suis sûr que c’est un assassinat». De toute façon, personne ne croyait au suicide. A l’époque, Robert Boulin a eu connaître d’un dossier de fausses factures. Il avait vu des choses qu’il n’aurait pas dû voir.
 
Qu’est ce qui vous fait dire ça?
Ça me paraît clair. D’ailleurs, après la mort de mon père, j’ai reçu la visite de personnalités proches du RPR. Ils voulaient savoir si mon père n’avait pas conservé quelques éléments compromettants dans ses dossiers. Je leur ai dit non. Et par la suite, on a été cambriolés deux fois…

* Un homme à abattre. Contre-enquête sur la mort de Robert Boulin. Fayard. 2007