Jugement ce mardi matin pour l'Eglise française de scientologie

POLITIQUE Le mouvement est poursuivi pour avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à d'anciens adeptes...

Avec agence

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Alain Rosenberg (à g.), dirigeant français de la scientologie, à son arrivée au tribunal, hier.
Alain Rosenberg (à g.), dirigeant français de la scientologie, à son arrivée au tribunal, hier. — P. VERDY / AFP

Le jugement sera rendu mardi vers 10h dans le procès de l'Eglise de scientologie française poursuivie pour «escroquerie en bande organisée». La décision va intervenir après une vive controverse le mois dernier autour d'une modification législative empêchant la dissolution de la Scientologie.

Considéré comme une religion aux Etats-Unis, le mouvement fondé en 1954 par l'écrivain américain de science-fiction Ron Hubbard a été classé parmi les sectes, en France, dans un rapport parlementaire de 1995. L'organisation, qui revendique 12 millions d'adeptes dans le monde et 45.000 dans l'Hexagone, fonde son action sur la dianétique, une «science» qui permettrait d'accéder au bonheur en se purifiant des éléments mentaux négatifs, notamment grâce à un appareil électrique appelé électromètre.

Dans ce dossier, on reproche aux deux principales structures françaises de la Scientologie - le Celebrity Centre et sa librairie, la SEL - ainsi qu'à six scientologues d'avoir soutiré des dizaines de milliers d'euros à quatre anciens adeptes, en profitant de leur vulnérabilité.

Tollé


Au cours du procès devant le tribunal correctionnel de Paris, le parquet avait créé la surprise, en requérant le 15 juin la dissolution des deux structures, une amende de 4 millions d'euros et des peines de prison avec sursis contre les principaux prévenus. Mais en septembre, on a appris qu'une modification de la loi, intervenue le 12 mai mais jusque-là passée inaperçue, ne permettait plus de dissoudre une personne morale condamnée pour escroquerie.

L'information, révélée par la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), a provoqué un véritable tollé. Les détracteurs de la Scientologie ont alors accusé l'organisation d'avoir "infiltré" l'Assemblée nationale, voire même la Chancellerie, et piloté cette modification législative.