Choisir le sexe de son enfant, c'est possible mais illégal

SANTE Cela s'appelle le «sexing»...

Corentin Chauvel

— 

Une femme médecin, exerçant dans un prestigieux hôpital pour enfants de Stockholm, soupçonnée d'avoir euthanasié un nourrisson, a été placée en détention provisoire vendredi, un fait rarissime dans le pays qui a suscité l'inquiétude au sein de la profession.
Une femme médecin, exerçant dans un prestigieux hôpital pour enfants de Stockholm, soupçonnée d'avoir euthanasié un nourrisson, a été placée en détention provisoire vendredi, un fait rarissime dans le pays qui a suscité l'inquiétude au sein de la profession. — Didier Pallages AFP/Archives

Manger du chocolat pour avoir un petit garçon et des légumes verts pour avoir une petite fille, c’est du passé. Le meilleur moyen de déterminer le sexe de son enfant, c’est le «sexing». Mais attention, c’est interdit en France.

Cette pratique, pour laquelle deux méthodes existent, consiste à intervenir scientifiquement soit sur les embryons de la maman, soit sur les spermatozoïdes du papa. Pour cette dernière méthode, l’intervention est pré-conceptionnelle, il suffit d’utiliser une machine qui va trier les spermatozoïdes de monsieur en séparant les Y masculins et les X féminins. Ensuite, les élus des parents iront voguer gaiement dans l’utérus de la maman jusqu’à son ovule. Mais la méthode n’est pas fiable à 100%.
 
Fécondation in vitro
 
Le diagnostic préimplantatoire (DPI) est plus sûr mais en France, il ne doit être utilisé que dans le cadre d’une assistance médicale à la procréation. Lorsque des parents détiennent une maladie héréditaire ou sont infertiles, on procède à une fécondation in vitro afin de pouvoir choisir les embryons.
 
Le même processus peut également être utilisé pour sélectionner des embryons mâles ou femelles mais il est interdit en France et dans toute l’Union européenne pour des raisons éthiques: c’est de la discrimination de genre. Des centres clandestins existent ainsi en Europe, envoyant leurs patients, moyennant plusieurs milliers d’euros, dans des cliniques spécialisées, aux Etats-Unis et à Chypre (côté turc) notamment.
 
Pourtant, en France, «la loi de bioéthique de 2004 pose des conditions d’utilisation du DPI mais n’interdit pas littéralement le sexing», indique le professeur Jacques Milliez, chef de service en gynécologie-obstétrique à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, joint par 20minutes.fr.
 
Choisir le sexe de son enfant, un «caprice»
 
Cette mode, répandue surtout dans les pays anglo-saxons, reste très anecdotique en France selon Jacques Milliez. Il note qu’aux Etats-Unis, il n’y a pas plus de demandes de filles ou de garçons. «Mais autoriser le sexing, c’est la porte ouverte au gynocide (génocide des filles) qui existe en Inde et en Chine où les garçons sont favorisés», prévient le gynécologue-obstétricien.
 
Il souligne que dans ces deux pays, où le sexing est interdit officiellement, on pratique l’avortement sélectif qui est une méthode détournée de sélectionner le sexe de sa progéniture. Dans les pays occidentaux, où le genre des enfants n’a a priori aucune valeur traditionnelle ou religieuse, ce n’est qu’«un caprice» affirme Jacques Milliez: «Les enfants ne sont pas conçus pour faire plaisir aux parents, ce ne sont pas des poupées!» 
 
>> Et vous, qu’en pensez-vous? Seriez-vous prêts à recourir au sexing pour déterminer le sexe de votre prochain enfant?