Le cadet du Président renonce au sommet

Laure de Charette

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L'insurrection des médias et d'une partie de l'opinion publique aura eu raison de l'appétit du fils cadet du président de la République. Coup de théâtre, hier soir, Jean Sarkozy, 23 ans, a annoncé qu'il renonçait à briguer la présidence de l'établissement public de la Défense (Epad), lors du vote du 4 décembre. « Je ne veux pas d'une victoire entachée du soupçon de favoritisme », a déclaré le jeune homme, sur le plateau du « 20 heures » de France 2. En revanche, il maintient sa candidature à l'élection au conseil d'administration de la City française, prévue aujourd'hui, à Nanterre (92) - un scrutin couru d'avance.

Son père lui a-t-il intimé l'ordre de se retirer ? Lui assure que non. « J'ai pris ma décision seul, en mon âme et conscience. » A-t-il pris peur face à la violence de la polémique de ces derniers jours ? Sans doute. Il évoque des « excès », dénonçant « une campagne de manipulation et de désinformation », mais reconnaît aussi du « vrai ».

Près de deux cents journalistes se sont fait accréditer pour assister à son élection au conseil d'administration de l'Epad, qui gère 3,2 millions de mètres carrés de bureaux dans 71 tours à la Défense. Sans doute a-t-il craint aussi de faire du tort à son président de père. Selon un sondage publié mi-octobre, près des deux tiers des Français - et plus de la moitié des sympathisants de droite - critiquaient l'arrivée de ce « fils de », en deuxième année de droit, à la tête d'un tel géant économique. Reste que le jeune loup fondu de pouvoir compte bien ne pas en rester là. « Je continuerai », lance-t-il, très sûr de lui, évoquant sa « passion » pour la politique. En attendant, un Sarkozy aura fait preuve, pour une fois, d'un peu de patience. W