La défense d'Imad Lahoud fait profil bas

CLEARSTREAM Après ceux de Dominique de Villepin mercredi, c'est au tour de l'avocat d'Imad Lahoud d'arriver au micro. Objectif: tenter de convaincre le président que son client est victime d'une manipulation...

O.R.

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Imad Lahoud, soupçonné d'avoir falsifié les listings Clearstream, affirme, dans Le Point à paraître jeudi, avoir lui-même ajouté le nom de Nicolas Sarkozy sur ces listings depuis le bureau d'Yves Bertrand, alors patron des RG, qui a annoncé son intention de porter plainte contre l'hebdomadaire.
Imad Lahoud, soupçonné d'avoir falsifié les listings Clearstream, affirme, dans Le Point à paraître jeudi, avoir lui-même ajouté le nom de Nicolas Sarkozy sur ces listings depuis le bureau d'Yves Bertrand, alors patron des RG, qui a annoncé son intention de porter plainte contre l'hebdomadaire. — Francois Guillot AFP/Archives

Le ton est donné dès le début. «Pardon pour ces torrents de mensonges», lance maître Olivier Pardo, l'avocat d'Imad Lahoud. Tout au long de sa plaidoirie, l'avocat du faussaire présumé de l'affaire Clearstream essaie d'«expliquer» ces mensonges, «sans les excuser». Si le parquet a requis, mardi, deux ans de prison, dont 18 mois ferme, et 45.000 euros d'amende, Olivier Pardo tente de limiter les dégâts.

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Il veut présenter son client comme une victime, manipulée par Jean-Louis Gergorin. Imad Lahoud «a menti parce qu'il était tenu par des protecteurs puissants, par des parrains de haut vol qui pendant les faits, pendant l'instruction, le tenaient», a plaidé l'avocat.

«Si tu ne fais pas ce que je veux, on te lâche et on s'essuie les pieds sur toi»


Déroulant chronologiquement l'affaire, Olivier Pardo charge tour à tour Jean-Louis Gergorin et Dominique de Villepin. Selon lui, ils l’auraient menacé: «Si tu ne fais pas ce que je veux, on te lâche et on s'essuie les pieds sur toi». «C'est pour cela sans doute qu'il a menti, et encore menti», conlut l'avocat. Durant la plaidoirie, Dominique de Villepin suit très précisément les propos de l'avocat d'Imad Lahoud. Tourné de 3/4 en arrière, pour le voir, un sourire figé ne quitte pas son visage. Ses avocats ont déjà parlé, mercredi.


Réclamant la clémence du président, Oliver Pardo termine sa plaidoirie en parlant de la «réinsertion d'Imad Lahoud», qui a passé son agrégation de mathématiques. «A quoi ca sert de le remettre en prison? Cet homme-là est aujourd'hui un professeur de mathématiques, c'est pas que l'escroc qu'on peut dire», décrit l'avocat, maniant les violons et rappelant qu'Imad Lahoud a quatre enfants. Vendredi, dernier jour d'audience, ce sera aux avocats de Jean-Louis Gergorin, le corbeau, de plaider pour leur client. Une tâche sans doute compliquée.