Les temps forts du procès Clearstream

BILAN En attendant le jugement, retour sur un mois de procès...

Oriane Raffin

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 Un croquis de l'audience du procès Clearstream, avec de gauche à droite Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Marin, le procureur et Dominique de Villepin, prévenu le plus flamboyant.
 Un croquis de l'audience du procès Clearstream, avec de gauche à droite Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy, Jean-Claude Marin, le procureur et Dominique de Villepin, prévenu le plus flamboyant. — B. PEYRUCQ / AFP
«Je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français.»
Le 21 septembre, le procès Clearstream s'ouvre devant la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Devant un attroupement de caméras, l'ex-Premier ministre s'exprime solennellement, à la sortie de l'audience: «Je suis ici par la volonté d'un homme, je suis ici par l'acharnement d'un homme, Nicolas Sarkozy, qui est aussi président de la République française. J'en sortirai libre et blanchi au nom du peuple français».

«Deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel»
Le 23 septembre, à New York, c'est au tour de Nicolas Sarkozy de réagir sur la tenue du procès. Le président de la République, interviewé par TF1 et France 2 qualifie alors de «coupables» les prévenus du procès. Les avocats de Dominique de Villepin décident alors de l'assigner pour «atteinte à la présomption d'innocence».

«Je ne connais pas Imad Lahoud en mars. Je ne connaissais pas Imad Lahoud en avril. Je ne connaissais pas Imad Lahoud en mai. Je ne connaissais pas Imad Lahoud en juin et je ne connaisais pas Imad Lahoud en juillet.»

Le 30 septembre, au cours d'une longue audition, puis d'une confrontation avec les autres prévenus Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin, Dominique de Villepin réitère ses dénégations et nie avoir jamais trempé, de près ou de loin, dans la machination.

«Je n'ai pas un QI de pétoncle»
Le 5 octobre, le jour de ses 73 ans, le général Philippe Rondot est entendu comme témoin durant huit heures d'affilée. Il confirme ses carnets de notes et contredit Dominique de Villepin. «Je n'ai pas un QI de pétoncle», s'énerve le militaire qui assure le tribunal de la fiabilité des notes qu'il a prises à l'époque des faits.

«Je n'ai pas voulu régler de comptes»
Le 7 octobre, confrontation entre les prévenus. Dominique de Villepin finit par une envolée: «Je veux bien que l'on m'accuse de beaucoup de choses, mais de rivalités, de coups tordus non. Une dénonciation calomnieuse en matière politique a ceci de particulier qu'elle signe la mort de l'homme politique», qui la commet. «Je n'ai pas voulu régler de comptes» avec Nicolas Sarkozy.

«Où sont passés les milliards?»
Le 14 octobre, des parties civiles non citées dans les listings comparaissent à la barre, transformant la salle d'audience en véritable cirque. Petit, trapu, en short, des chaussettes dans ses sandales, un homme s'approche de la barre, en jetant négligemment son pull bleu sur l'une de ses épaules. Il réclame la «réouverture de l'instruction» pour savoir «où sont passés les milliards». Il sortira de la salle du tribunal portés par trois gendarmes...

«Des éléments indiscutables prouvant qu'il (Dominique de Villepin) a été l'initiateur de cette machination»
Le 19 octobre, c'est au tour de Thierry Herzog, avocat de Nicolas Sarkozy de plaider. Au cours d'une plaidoirie-fleuve, il affirme que l'ex-Premier ministre est l'«instigateur de la manipulation». Un argumentaire qui convainc peu. «C'est bien simple, je l'écoute depuis près de trois heures. Et je n'ai rien compris... », souriait, lors de la suspension de séance, Olivier Metzner, l'avocat de Dominique de Villepin.

18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende pour «complicité par abstention» contre Dominique de Villepin
Le 20 octobre, les réquisitions du parquet tombent. Le procureur Marin requiert 18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende contre Dominique de Villepin, coupable selon lui de «complicité par abstention». Pour le parquet, l'ancien vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin est l'artisan de la machination et l'ancien Premier ministre s'en est rendu complice «en cautionnant par son silence ses agissements». A la sortie du tribunal, Dominique de Villepin déclare: «Sarkozy avait promis de me pendre à des crocs de boucher, je vois que la promesse a été tenue».

«Jamais personne en France n'a été condamné pour n'avoir rien fait»
Le 21 octobre, c'est au tour des avocats de la défense de prendre la parole, notamment pour défendre Dominique de Villepin. Pour les faits, Olivier Metzner s'en est simplement remis au dossier. «Y'a-t-il dedans une seule déclaration qui prouve que mon client a vu les listings, qu'il les a eus entre les mains?» Les quatre avocats de l’ancien Premier ministre sont catégoriques, leur client est «innocent», ils demandent sa relaxe.