« Je n'ai pas été pistonnée »

Recueilli par Marion Guillot, à Bordeaux

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P. SAURA / 20 MINUTES

Inconnue il y a deux jours, Marie Bové est désormais sous les feux des médias. A 34 ans, la fille de José Bové est candidate à la tête de liste d'Europe Ecologie en Aquitaine, pour les régionales de mars 2010, à la place de Noël Mamère.

Votre candidature a surpris tout le monde. Comment est-ce arrivé ?

C'est une aventure que je n'avais pas préparée. Je n'ai jamais adhéré à un parti politique et c'est la première fois que je m'engage dans une élection. J'avais plus ou moins imaginé que j'aurais des propositions pour figurer sur une liste, car je travaille pour le groupe PS à la communauté urbaine de Bordeaux. Quand Noël Mamère [député-maire Verts de Bègles] m'a proposé d'être candidate à sa place, je me suis accordé une semaine de réflexion. Il a été très rassurant, pour lui, c'était le bon choix.

Pourquoi avoir accepté ?

Cécile Duflot, inconnue du public, a crevé tous les écrans en six mois. Elle a prouvé qu'on pouvait renouveler la classe politique, notamment avec des femmes. Ce qui m'intéresse, c'est de poursuivre mes engagements associatifs et syndicaux. J'ai plein d'étiquettes : altermondialiste, antinucléaire, bobo car membre d'une Amap [Association pour le maintien d'une agriculture paysanne], catho puisque j'ai travaillé sept ans pour le Comité catholique contre la faim... Hurler dans la rue, c'est bien, mais aujourd'hui, j'ai envie d'être sur les lieux de décision.

Comme Jean Sarkozy, on vous accuse d'être une « fille de » parachutée...

Nos parcours n'ont rien à voir et je n'ai pas été pistonnée par mon père. Il a même été surpris quand je lui ai annoncé. En outre, je n'ai pas été nommée, je suis juste candidate à la candidature. Et si je suis retenue pour la tête de liste, je me présenterai devant le suffrage universel. W