Marie Bové vs. Jean Sarkozy

DECRYPTAGE Points communs et différences entre les deux petits nouveaux en politique qui portent un nom célèbre...

Bérénice Dubuc

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Marie Bové (gauche) et Jean Sarkozy (droite), "fille et fils de" qui entrent en politique.
Marie Bové (gauche) et Jean Sarkozy (droite), "fille et fils de" qui entrent en politique. — DR BFM TV / HADJ SIPA

Ils portent tous deux un patronyme connu. Ils sont tous les deux «fils (et fille) de» personnalités politiques et candidats à un poste important. Décryptage des points commun et des différences entre Marie Bové et Jean Sarkozy.

Études
Marie Bové est titulaire d’une maîtrise en histoire sociale. Son mémoire portait sur la traite des noirs à Bordeaux. Puis elle s’est lancée dans la vie active car elle n’était «pas sûre d’obtenir une bourse de troisième cycle pour continuer ses études».

Jean Sarkozy est titulaire d’un Bac Littéraire, obtenu avec mention Bien en 2004 au lycée Pasteur de Neuilly. Après son bac, il entame une hypokhâgne au lycée Henri-IV à Paris, puis, l’année suivante, une prépa ENS Cachan au lycée Turgot, toujours dans la capitale. Il est étudiant en deuxième année de droit à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a lui aussi choisi de travailler, mais en se lançant en politique au cours de sa deuxième année d’études à la fac.

Point de convergence: Ils ont tous les deux arrêté leurs études.

Point de divergence: L’une a arrêté ses études pour bosser, l’autre pour se lancer en politique.


Parcours politique/militant
Marie Bové se présente elle-même: «Femme» et «non-Verte». Encartée? Non. Mais elle a travaillé pendant sept ans pour le Comité catholique contre le Faim et pour le Développement (CCFD) à Marseille, avant d'être embauchée par le groupe socialiste à la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB). Agée de 34 ans, c’est «une jeune femme qui s’est beaucoup battue pour la reconnaissance des femmes et leur protection, pour la souveraineté alimentaire, qui mène des combats qui sont les nôtres», indique Noël Mamère. Marie Bové «a une histoire, une consistance, un militantisme», ajoute Daniel Cohn-Bendit, co-président des Verts au Parlement européen.

Pour sa part, Jean Sarkozy n’a pas de parcours militant, mais un parcours fulgurant en politique. Élu conseiller général lors des élections cantonales en mars 2008 à tout juste 21 ans, il récupère la direction de la section UMP de Neuilly-sur-Seine le mois suivant, avant de prendre la tête du groupe UMP au Conseil général du 92.

Point de convergence: Ils connaissent tous les responsables du monde politique français. Jean Sarkozy a pour parrain Brice Hortefeux, l’actuel ministre de l’Intérieur, et appelle Pierre Charon, le conseiller de son père, «tonton». Marie Bové, elle, a été cooptée par Noël Mamère, député-maire de Bègles.

Point de divergence: Marie Bové refuse de voir son parcours comparé à celui de Jean Sarkozy qui, lui, ne s’est pas prononcé sur le sujet.


Héritage paternel
Fille de l'eurodéputé d’Europe-Ecologie, Marie Bové est la «fille d'un homme engagé», qui n’a eu «aucune action dans l’histoire», selon Daniel Cohn-Bendit. «José Bové n’a rien fait, c’est Noël Mamère, qui connait Marie Bové de par ce qu’elle fait, et de par son militantisme, qui a fait cette proposition.»

Jean Sarkozy continue sur sa lancée, s’appliquant à imprimer sa marque sur le fief qui fut autrefois celui de son père: Nicolas Sarkozy a présidé l’Epad en 2005. En outre, impossible de ne pas penser, en l’écoutant et en le voyant, aux mimiques et à l’intonation de son paternel.

Point de convergence: Ils sont tous les deux «fils» ou «fille de».

Point de divergence: Jean Sarkozy marche dans les traces de son père, Marie Bové s’inspire de celles du sien.


Le poste visé
Marie Bové n’est pour le moment que «candidate à la candidature» pour prendre la tête de la liste Europe-Ecologie en Aquitaine pour les régionales, à la place de Noël Mamère, «qui a déjà beaucoup de travail avec ses deux mandats de député et de maire.» Elle doit être entendue dimanche par le Comité d'animation et de pilotage de la région Aquitaine, qui se situe à la jonction des Verts et d'Europe-Ecologie. La tête de liste doit être désignée mi-novembre, avant de se soumettre au suffrage universel en mars 2010.

Jean Sarkozy à la tête de l’Epad? C’est quasiment fait. Il devrait être désigné vendredi membre du conseil d’administration de l’Epad en remplacement d’Hervé Marseille, qui avoue bien volontiers avoir démissionné pour céder sa place au fils cadet de Nicolas Sarkozy. Puis, le 4 décembre prochain, le vote des membres du CA devrait mathématiquement le propulser président de l’établissement public.

Point de convergence: Ils profitent tous les deux du désistement d’un homme politique en place – Noël Mamère pour elle, Hervé Marseille pour lui.

Point de divergence: Marie Bové doit se soumettre au vote des Français, Jean Sarkozy s’est déjà soumis à celui des Neuilléens.