Sida: dépister plus pour soigner mieux

SANTE La Haute autorité de santé veut généraliser les tests pour améliorer l'efficacité des traitements...

Julien Ménielle

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Des tubes de sang dans un centre de depistage du sida, anonyme et gratuit, à Paris.
Des tubes de sang dans un centre de depistage du sida, anonyme et gratuit, à Paris. — DURAND FLORENCE/SIPA

Un dépistage du sida pour tous, dès 15 ans et jusqu'à 70 ans. Tel serait le voeu formulé par la Haute autorité de santé (HAS) dans un rapport publié ce mercredi. La raison: sur les 160.000 personnes infectées par le VIH, «40.000 personnes ignorent leur séropositivité», a expliqué à 20minutes.fr Etienne Caniard, de la HAS, confirmant les informations de Libération (article payant). Et dans ces cas, un dépistage tardif nuit à la qualité du traitement.

Un dépistage précoce pour un traitement optimal

Selon la HAS, «47% des sujets pour lesquels un diagnostic de sida a été porté présentaient un retard au dépistage». Ces personnes entament donc plus tard des traitements qui deviennent ainsi plus lourds pour les patients, voire moins efficaces. Les populations les plus concernées seraient «celles qui ne sont pas considérées comme étant "à risque"», explique Etienne Caniard. C'est à dire les personnes de plus de 40 ans, les hétérosexuels.

«Le dispositif actuel de dépistage souffre d'un nombre important d'insuffisances», déplore la HAS. La haute autorité proposerait donc de mobiliser les médecins généralistes et les acteurs hospitaliers autour d'une grande action de dépistage généralisé, qui ne serait cependant pas obligatoire pour les patients. Par ailleurs, chacun pourrait aller se faire tester dans son laboratoire d'analyse médicale habituel, «sans prescription médicale».

Le dispositif actuel

Actuellement, le test n'est proposé systématiquement qu'aux femmes enceintes et aux futurs mariés, dans le cadre de la consultation prénuptiale. Il est obligatoire dans les situations de dons de sang, d'organes, de sperme et de lait. Le dépistage peut être proposé par un médecin généraliste en cas de situation particulière ou à la demande. Sa réalisation nécessite dans ce cas une ordonnance.

Il est également possible de se rendre dans un centre de dépistage anonyme et gratuit (CDAG). Après un entretien avec un médecin, le test est effectué sur place par une infirmière. C'est dans tous les cas de figure un médecin (généraliste ou du CDAG) qui annonce le résultat. Selon les préconisations de la HAS, si le dépistage était réalisé sans ordonnance dans un laboratoire, ce serait «au biologiste qui a fait le test d'informer lui-même le patient».

«Le rôle des généralistes restera essentiel»

«Ce recours restera excpetionnel», affirme Etienne Caniard qui promet que «le rôle des généralistes restera essentiel». Et aux médecins qui pourraient s'inquiéter du fait que des biologistes vont annoncer le résultat aux patients il répond: «ce sont des professionnels de santé, et ils respecteront les règles d'annonce en vigueur dans les CDAG».

«Le rapport a été transmis à la ministre de la Santé ce jour», annonce Etienne Caniard. Et si celle-ci choisit de suivre les recommandations que contient le document, il restera à «se donner les moyens de les mettre en place». En organisation une grande campagne d'informations auprès des généralistes et des popualtions, en premier lieu. Et en évaluant «de manière stricte, dans un délai de 5 ans» l'efficacité du dispositif.

>> Qu'en pensez-vous? Seriez-vous volontaires pour le dépistage même si vous pensez ne pas courir de risque? Vous a-t-on déjà proposé un test? Continuez à en débattre par ici