La réforme des collectivités pas très bien accueillie par les élus locaux

POLITIQUE Nicolas Sarkozy a présenté sa réforme...

20 Minutes

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«Un vrai hold-up !» pour Martin Malvy (PS), le président de la région Midi-Pyrénées

«Penser qu'un même élu peut assurer le matin les missions de proximité du Département et l'après-midi les compétences de la  Région, c'est avoir une vision très parisienne de la vie de notre pays. Les élus locaux deviendraient des professionnels de la politique. Sur la réforme fiscale, ce n'est pas la suppression de la taxe professionnelle qui est en cause. Personne de la défend. C'est le système envisagé pour la remplacer qui priverait les collectivités  de moyens. Derrière cette réforme, il y a la volonté de Nicolas Sarkozy, qui ne supporte pas les contre-pouvoirs, de mettre la main, en 2014, sur les collectivités locale. Un vrai hold-up ».

«Il aurait fallu aller plus loin» pour Jean-Marie Vanlerenberghe, sénateur-maire (Modem) d'Arras

«Nous étions favorables au rapprochement entre les régions et les départements, mais c'est dommage que cela se limite aux élus. Il aurait fallu aller plus loin en rapprochant les administrations. Et je trouve que l'on introduit à l'élection trop peu de proportionnelle pour assurer une représentation fidèle de l'électorat. En revanche, franchement je ne suis pas opposé au fait que l'on mette fin à la clause de compétence générale des départements et des régions. L'empilement des compétences créait une bouillie administrative dans laquelle les élus avaient déjà du mal à se retrouver, alors les citoyens.»

«Un coup politique» pour Patrick Mareschal, président PS du conseil général de Loire-Atlantique

«Je suis très inquiet par ce projet de réforme. Je ne vois pas trop ses avantages en terme de représentativité donc il s'agit plus, à mon sens, d'un coup politique. Il ne faut pas se leurrer, il y a une volonté évidente de diminuer les ressources des collectivités et de réduire le service public. L'apparition d'un scrutin uninominal à un tour est aussi une stratégie pour favoriser un rassemblement de la droite autour de l'UMP. Mais Sarkozy croit peut-être qu'il peut manipuler l'ensemble des collectivités locales comme il manipule le conseil général des Hauts-de-Seine? Il se trompe dans ce cas, l'opposition des élus sera forte je pense.»

«Qui va payer», Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, président du Grand Lyon (PS)

«Il y a un point très positif, c'est l'annonce de la création de métropoles multipolaires, que j'appelais de mes voeux. Lyon s'est déjà engagée dans ce processus en ce rapprochant d'agglomérations voisines. Mais je souhaite que le président de la République et le parlement évoluent sur certains points, comme le scrutin direct pour désigner les conseillers communautaires. Il faut plus tenir compte du poids démographique des grandes villes. Pour la suppression de la taxe professionnelle, le chef de l'Etat doit préciser qui va payer. On va prendre 6 milliards d'euros aux collectivités locales, et donc aux ménages».