Les agriculteurs ne sont pas prêts à changer pour lutter contre les algues vertes

B.D. avec agence

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Sur les plages de la baie de Saint-Michel-en-Greve, comme sur beaucoup de plages bretonnes, prolifèrent les «algues vertes» (Ulva Lactuca), suite à une pollution d'origine principalement agricole.
Sur les plages de la baie de Saint-Michel-en-Greve, comme sur beaucoup de plages bretonnes, prolifèrent les «algues vertes» (Ulva Lactuca), suite à une pollution d'origine principalement agricole. — LEPAGE/SIPA

Le phénomène des algues vertes en Bretagne ne peut que «perdurer» car la profession agricole «n'est pas prête» à «accepter un changement profond des pratiques». C’est ce qu‘écrit le préfet des Côtes d'Armor, Jean-Louis Fargeas, dans une note «confidentielle» datée du 4 septembre publiée par Ouest France, et adressée au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, et à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie.

«La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n'est pas prête à accepter pour le moment», écrit le préfet. Le phénomène des algues vertes, apparu dans les années 70, est dû à l'apport de nitrates issus de l'agriculture. «Il s'agit de révolutionner sur ces secteurs (...) les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant», ajoute cette note. «Cette évolution n'est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer», poursuit la note.

Les agriculteurs refusent d’être des «boucs émissaires»


Pointés du doigt depuis des années, les agriculteurs bretons ont récemment redit qu'ils refusaient d'être les seuls «boucs émissaires» et insistent sur l'évolution de leurs pratiques et les efforts réalisés.

Une mission interministérielle sur la prolifération des algues vertes est en cours et devra remettra ses conclusions à François Fillon en décembre. Elle avait été décidée fin août, après qu’un rapport avait confirmé que l'hydrogène sulfuré - qui émane notamment des algues vertes en décomposition - pouvait être «mortel» en cas de concentration importante. Ce rapport faisait suite à la mort d'un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).