« Les ménages vont payer »

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J.-S. EVRARD / 20 MINUTES

La réforme territoriale remet-elle en cause, selon vous, la décentralisation ?

Complètement. Nicolas Sarkozy cherche à mater les contre-pouvoirs qui le gênent : le Parlement, les médias et maintenant les collectivités locales. Et cette logique de recentralisation commence avec la suppression de la taxe professionnelle.

Quelles seront les conséquences de cette suppression ?

Cela signifie des années de vaches maigres pour les collectivités territoriales. La suppression de cette taxe, c'est un manque à gagner de 12 milliards d'euros. Or, ce sont ces collectivités qui aujourd'hui réalisent 75 % de l'investissement en France. Ce sont donc les ménages qui en paieront le prix, soit par la baisse des services publics rendus, soit par l'augmentation des impôts. Et dans le même temps, on lance le grand emprunt. Cet argent, il faudra bien le rembourser un jour, et là encore, ce sont les Français qui seront mis à contribution.

Vous estimez aussi que la réforme territoriale est favorable à l'UMP...

Le calcul politicien crève les yeux. Le mode de scrutin pour l'élection des conseillers territoriaux, unilatéral à un tour, est plus favorable à la droite, qui est rassemblée. C'est la deuxième étape après le redécoupage électoral pour les législatives, où il faudra 51,4 % des voix à la gauche pour être majoritaire à l'Assemblée. W

Recueilli par C. M.