18 mois avec sursis requis contre Villepin

Vincent Vantighem

— 

Le procureur Jean-Claude Marinà l'ouverture du procès, le 21 septembre dernier.
Le procureur Jean-Claude Marinà l'ouverture du procès, le 21 septembre dernier. — L. DOLEGA / EPA / SIPA

Jean-Claude Marin s'était gardé le meilleur pour la fin. Après cinq heures d'audience, le procureur a requis, hier, une peine de dix-huit mois de prison avec sursis et 45 000 euros d'amende à l'encontre de Dominique de Villepin. En début d'après-midi, il avait cité Balzac, Kafka et Cocteau. Mais au moment de s'occuper de l'ancien Premier ministre, Jean-Claude Marin s'en est remis aux fondamentaux. En latin. « Errare humanum est. Perseverare diabolicum », a-t-il lancé dans le prétoire. Pour lui, Dominique de Villepin a pu commettre l'erreur de croire à l'existence de comptes occultes. Mais il n'aurait jamais dû persévérer quand il s'est rendu compte que toute l'affaire était bidon.

« Au mois de juillet 2004, Dominique de Villepin a compris. Et pourtant, il s'enfonce dans le piège, dans la nasse », a essayé de démontrer Jean-Claude Marin, sans jamais jeter un regard vers le prévenu. Assis dans la fosse, Dominique de Villepin avait pourtant tenté toute l'après-midi de croiser les yeux perçants du procureur. « Nicolas Sarkozy avait promis de me pendre à un croc de boucher, je vois que la promesse a été tenue, a-t-il réagi à l'issue de l'audience. Le procureur n'a pas dit la réalité des faits. Je ne crois pas non plus qu'il ait dit la réalité du droit. »

Pourtant, Jean-Claude Marin s'est voulu pédagogue. Pendant près d'une heure, il a expliqué la notion de complicité par abstention. « Quand le tenancier d'un cabaret ne fait pas cesser le bruit de ses clients, il est complice de tapage nocturne, a-t-il décrit. Dominique de Villepin savait que les éléments étaient faux. Par son abstention volontaire, il a permis à la manipulation de perdurer. » Olivier Metzner a failli s'étouffer en entendant ça. « Nous assistons à une acrobatie judiciaire, a déploré l'avocat de l'ancien Premier ministre. Je ne fais rien, je suis coupable... » En plaidant, il aura l'occasion de prouver au président le contraire dès aujourd'hui. W