Un fugitif ligoté près du tribunal

Laure de Charette (avec AFP)

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André Bamberski (au c.) lors d'une manifestation devant le consulat d'Allemagne en 2002.
André Bamberski (au c.) lors d'une manifestation devant le consulat d'Allemagne en 2002. — P. PAVANI / AFP

A-t-il tenté de se faire justice lui-même ? Vingt-sept ans après les faits, une affaire complexe, dite « Bamberski », rebondit à Mulhouse. Dieter Krombach, condamné par contumace en France à quinze ans de prison après la mort de sa belle-fille, Kalinka, a été retrouvé blessé au front, ligoté et bâillonné près du tribunal de la ville dans la nuit de dimanche à lundi. Ce cardiologue allemand de 74 ans, qui vit en Bavière, se trouvait sous le porche d'un immeuble. C'est André Bamberski, le père de la jeune fille de 14 ans retrouvée morte en 1982, qui a appelé la police. Une information judiciaire a été ouverte hier à son encontre pour enlèvement, séquestration arbitraire, coups et blessures volontaires et association de malfaiteurs. Dieter Krombach a été emmené à l'hôpital, où il est maintenu en détention.

Selon Robert Pince, le président de l'association Justice pour Kalinka, André Bamberski est persuadé que le décès de sa fille est lié à des injections administrées par le médecin qui voulait la droguer pour la violer. « Cela fait vingt-cinq ans qu'il se bat et il a peut-être senti que l'affaire était en train de s'éteindre. Il a peut-être voulu flanquer un bon coup de pied là-dedans », a-t-il déclaré.

Dieter Krombach a été condamné en 1995 pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et non pour meurtre, au grand désarroi d'André Bamberski. Le médecin n'a jamais purgé sa peine et était sous le coup d'un mandat d'arrêt européen. Mais l'Allemagne a toujours refusé de l'extrader car l'affaire avait été classée sans suite outre-Rhin en 1982. Il devrait être prochainement transféré à Paris, l'affaire étant du ressort de cette cour d'assises. W