Réquisitions, sévérité pour Gergorin et Lahoud, clémence pour Bourges et Robert

CLEARSTREAM Les réquisitions contre les quatre autres acteurs de l'affaire...

Vincent Vantighem

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L'interrogatoire de Jean-Louis Gergorin sera suivi jeudi de l'audition d'Imad Lahoud, ex-cadre d'EADS, également cité dans les notes du général Rondot.
L'interrogatoire de Jean-Louis Gergorin sera suivi jeudi de l'audition d'Imad Lahoud, ex-cadre d'EADS, également cité dans les notes du général Rondot. — Sakutin/Demarthon AFP/Archives
Jean-Louis Gergorin, accusé de dénonciation calomnieuse, faux et usage et de faux, recel d'abus de confiance et de vol
«C'est un stratège de très haut niveau. La dénonciation est son oeuvre»
Il a fait l'ENA, X et même la Stanford University. «Jean-Louis Gergorin est un stratège de très haut niveau, a commencé par décrire le vice-procureur. C'est surtout quelqu'un de mauvaise foi.» En un peu plus d'une heure, le représentant du ministère public a rhabillé le vice-président d'EADS pour l'hiver. Coupable, selon lui, d'avoir orchestré toute la manipulation Clearstream. «Jean-Louis Gergorin s'est moqué de la justice.» Ce mardi, elle s'en est souvenue. Romain Victor a requis trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 45.000 euros d'amende à son encontre.
 
Imad Lahoud, accusé de dénonciation calomnieuse, faux et usage et de faux, recel d'abus de confiance et de vol
«C'est une triste figure, un escroc. Il est condamné à nous faire rire»
En cinq semaines de procès, le procureur n'a quasiment pas posé de question à Imad Lahoud. «Plus personne ne le croît, explique Romain Victor. Sa propension au mensonge est tellement énorme.» Et le vice-procureur de dresser la liste des bobards: «sur son passé, sur sa famille, sur ses diplômes, sur ses compétences...»
Dans l'affaire Clearstream, c'est le «complice intéressé». Celui qui s'est procuré les fichiers bancaires, qui les a falsifiés. Pour cela, il a été «choyé», assure Romain Victor qui a requis une peine de deux ans de prison dont six mois avec sursis et 45.000 euros d'amende à son encontre.
 
Florian Bourges, accusé de vol et d'abus de confiance
«Il a présenté quelques traits d'immaturité. Il n'était même pas encore diplômé à l'époque»
Florian Bourges parle anglais. Il savait bien ce que signifiait l'étiquette «High confidential» sur les listings Clearstream qu'il a extraits puis refilés à Denis Robert. C'était bien avant qu'ils ne soient trafiqués. «Florian Bourges est donc parfaitement étranger à cette dénonciation calomnieuse, a expliqué Romain Victor, le vice-procureur. Il a juste présenté quelques traits d'immaturité. Il n'était même pas encore diplômé à l'époque.» Pour cela, l'auditeur-stagiaire s'est simplement rendu coupable d'abus de confiance, selon le ministère public qui a requis quatre mois de prison avec sursis à son encontre.
 
Denis Robert, accusé de recel de vol et recel d'abus de confiance
«Il s'est réjoui des lettres du corbeau. C'était le jour de sa consécration. Après il a déchanté.»

Dans l'un de ses livres, Denis Robert se présente avant tout comme un écrivain. «Pour moi, il est journaliste», a démontré Romain Victor, le vice-procureur. En clair, il n'a fait que son travail en révélant l'affaire. «Il a servi de caisse de résonance médiatique, a poursuivi Romain Victor. Il s'est réjoui des lettres du corbeau qui validaient ses thèses. C'était son jour de consécration. Après il a déchanté. Mais il n'était que le complice involontaire de la dénonciation.» Et comme ce n'est pas répréhensible en droit pénal, le ministère public a demandé qu'il soit relaxé.