Un médecin de Maubeuge accusé d'être impliqué dans le génocide rwandais

RWANDA Une de ces patientes a découvert l'avis de recherche d'Interpol...

Avec agence

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capture d'écran du site d'interpol
capture d'écran du site d'interpol — no credit

Un médecin du travail rwandais, qui travaillait depuis mai 2008 à l'hôpital de Maubeuge, a été suspendu jeudi après la découverte d'un avis de recherche d'Interpol à son encontre pour son implication présumée dans le génocide des Tutsis au Rwanda.

«Devant la gravité des faits dont est soupçonné le médecin, et pour maintenir un climat serein au sein de l'établissement», le directeur de l'hôpital Henri Mennecier a indiqué samedi avoir procédé à la suspension conservatoire d'Eugène Rwamucyo, médecin qui exerçait auparavant au CHR de Lille.

«A 10.000 lieues d’imaginer»

Le directeur de l'hôpital, «à 10.000 lieues d'imaginer» que le médecin «pouvait faire l'objet de telles accusations», dit avoir découvert la nouvelle mercredi, lors de la visite d'une journaliste qui enquêtait sur l'histoire. «Il m'a simplement dit qu'il faisait l'objet de ces accusations lourdes et qu'il ne les validait pas, qu'il niait en bloc toutes ces accusations», indique à propos de son employé Henri Mennecier, qui estime que sa suspension est aussi protectrice pour le médecin, «le temps qu'il organise sa défense».

Interrogations du maire

Le docteur Eugène Rwamucyo a été recruté «de manière tout à fait régulière», selon la direction qui indique par ailleurs que ses diplômes sont en règle, ainsi que sa situation administrative. Mais l'octroi par la France d'un titre de séjour à une personne recherchée par Interpol soulève quelques interrogations, notamment de la part du maire PS de Maubeuge, Rémi Pauvros, également président du conseil d'administration de l'hôpital.

«Moi, j'attends de l'Etat français qu'il vérifie si ce monsieur est un criminel ou pas. S'il l'est, il n'a rien à faire ici, il n'a rien à faire en France», a déclaré le maire lors d'un point-presse, ajoutant que la carte de séjour du médecin expirait en janvier 2010. Eugène Rwamucyo, âgé d'une cinquantaine d'années habite en Belgique.

«Ce médecin fait l'objet de demandes de renseignements d'Interpol et pas d'une demande d'arrestation», a toutefois indiqué une source judiciaire.