Incendie de Marseille : le légionnaire n’est peut-être pas seul responsable

ENQUETE C’est un pré-rapport d’expertise qui qui l’affirme...

Avec agence
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Près de 1 075 ha étaient partis en fumée lors des incendies fin juillet.
Près de 1 075 ha étaient partis en fumée lors des incendies fin juillet. — S. PAGANO / REPORTAGES / 20 MINUTES

Les balles traçantes ne sont peut-être pas à l’origine de l’incendie qui a ravagé 1.000 hectares de végétation à Marseille en juillet dernier. C’est en tout cas les doutes émis par un pré-rapport d'expertise révélé vendredi par La ProvenceCe pré-rapport, remis à la justice le 5 octobre, a été rédigé par l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), qui a analysé des fragments de balle recueillis sur les lieux de départ du feu.

En les comparant aux projectiles utilisés par les légionnaires mis en cause pour leur exercice de tir, il affirme: «nous pouvons conclure que ces fragments métalliques ne proviennent pas d'une chemise de balle traçante de 5,56 mm NATO modèle F5 du lot 17-RG-02», c'est-à-dire ceux dont disposaient les militaires ce jour-là.

Satisfaction de l’avocate de l’adjudant

Me Michèle Naudin, l'avocate de l'adjudant Philippe Fontaine, le sous-officier qui a dirigé la séance de tir et a été mis en examen, a estimé que «ce pré-rapport vient confirmer les déclarations de (son) client depuis le début de cette malheureuse affaire». Elle a accueilli avec «satisfaction» mais aussi «prudence» les conclusions de ce premier document.

Une enquête de commandement militaire a conclu le 29 juillet que «seule la responsabilité du directeur de tir» était engagée dans cette affaire. Suspendu de ses fonctions au soir de l'incendie, le légionnaire Philippe Fontaine a été mis en examen le 25 juillet pour incendie involontaire et laissé libre sous la responsabilité de l'armée. Trois marins-pompiers, trois policiers et un civil avaient été légèrement blessés dans l'incendie.