Des rapports en pagaille sur les ondes électromagnétiques

SANTE Depuis près de vingt ans, les scientifiques s'intéressent aux radiofréquences mais encore aujourd’hui, dans le langage officiel, le «on ne sait pas» demeure...

Corentin Chauvel

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Des antennes camouflées dans de faux rochers, arbres, cheminées en plastique ou dans des clochers: l'"intégration paysagère" des antennes-relais par les opérateurs de téléphonie mobile suscite la critique d'associations et d'élus qui réclament plus de transparence.
Des antennes camouflées dans de faux rochers, arbres, cheminées en plastique ou dans des clochers: l'"intégration paysagère" des antennes-relais par les opérateurs de téléphonie mobile suscite la critique d'associations et d'élus qui réclament plus de transparence. — Gerard Julien AFP/Archives

Les études consacrées aux effets des ondes sur notre organisme ont été réalisées en grande majorité avec l’apparition des appareils sans fil (téléphones, Wi-Fi…). Principalement expérimentées sur des animaux, elles sont très nombreuses, en France et à l’étranger, mais très peu sont reconnus par les pouvoirs publics.

Dès janvier 1991, alors que les téléphones portables et les antennes-relais n’existaient pas encore, le professeur Bernard Veyret mène des études expérimentales portant sur les effets biologiques des radiofréquences.

Des rapports alarmants par milliers

Depuis les années 2000, les rapports scientifiques, la plupart universitaires, se comptent par milliers. Tous tendent à démontrer que les ondes des téléphones portables et des antennes-relais provoquent tous les maux possibles: stress, destruction de cellules, modification des gènes, de l’ADN, incidence sur les cancers, problèmes oculaires, altération de l’audition, troubles du sommeil, stérilité…

Cependant, toujours rien de vraiment officiel. Les associations dénoncent des pressions économiques émises par les opérateurs mobiles parce que l’enjeu est essentiellement financier. Même quand les scientifiques sont entendus par les institutions nationales, les effets ne suivent pas.

«Les effets des champs électromagnétiques sur notre santé sont démontrés par l'observation clinique de très nombreuses investigations toxicologiques et biologiques et certaines études épidémiologiques», estimait en mars dernier une équipe de chercheurs européens à l’occasion d’un colloque au Sénat sur l’enjeu sanitaire des technologies sans fil. Ils invitaient les pouvoirs publics à appliquer le principe de précaution.

Un «Grenelle des ondes», enfin

«Une révision des seuils réglementaires n'est pas justifiée d'un point de vue sanitaire», leur répond le «Grenelle des ondes» qui tient vedette un mois plus tard, d’avril à mai. Ce dernier est réuni sous l’égide de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, secondée par Nathalie Kosciusko-Morizet (Economie numérique) et Chantal Jouanno (Ecologie). Dix orientations sur les radiofréquences sont publiées, dont l'interdiction d'utiliser un portable à l'école primaire, reprise par une proposition de loi du Sénat la semaine dernière.

L’Afsset, qui est un organe officiel, a publié ce jeudi un rapport qui regroupe les analyses de 3.500 études scientifiques publiées ces dernières années. Sans apporter de conclusions sur les effets sanitaires, l’agence recommande notamment de réduire les expositions aux ondes. Cela sera-t-il suffisant? Contactée par 20minutes.fr, l’association Robin des Toits y croit dur comme fer: «Cette fois, c’est sûr, les choses vont bouger.»

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