Les (minuscules) obstacles entre Jean Sarkozy et le siège de président de l'Epad

POLITIQUE Ce ne sera certes pas grâce à une nomination, mais l'élection semble jouée d'avance...

Bérénice Dubuc

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Jean Sarkozy le 27 mai 2009 à Levallois-Perret
Jean Sarkozy le 27 mai 2009 à Levallois-Perret — HADJ/SIPA

Du gâteau. Depuis une semaine, les détracteurs de Jean Sarkozy affirment qu’il sera «nommé» au poste de président de l’Etablissement Public d'Aménagement de La Défense (Epad). Une affirmation sémantiquement fausse, mais pas tout à fait inexacte dans les faits. Explications.
 
S'assurer la vacance du poste de président
Niveau de difficulté: facile
 
L’actuel président du Conseil d'Administration de l’Epad, Patrick Devedjian, est forcé de céder sa place, car il est touché par la limite d'âge de 65 ans, réaffirmée par l'Elysée par décrêt.
 
Faire partie des dix-huit membres du conseil d'administration
Niveau de difficulté: facile
 
Une première épreuve pas trop compliquée pour se mettre dans le bain de la compétition. Le 23 octobre prochain, le conseil général des Hauts-de-Seine désignera son nouveau représentant à l’Epad après la démission d'Hervé Marseille (Nouveau Centre). Jean Sarkozy a déjà été adoubé par le groupe UMP-Nouveau Centre le 8 octobre dernier, et aucun autre candidat n’a été désigné par l’opposition. Le groupe étant majoritaire au conseil général, obtenir le poste d’administrateur ne devrait pas être trop difficile.
 
Avoir la majorité au conseil d’administration de l’Epad

Niveau de difficulté: assez facile
 
Le 4 décembre, le CA se réunira pour élire un successeur à Patrick Devedjian. Il est composé de dix-sept membres. Parmi eux, huit sont nommés par l'Etat: trois sont issus du ministère de l'Economie, des finances et de l'industrie, quatre du ministère de l'Equipement (MEEDM), un du ministère de la Culture et de la communication, un du ministère de l'Intérieur. Les neuf autres sont nommés par les collectivités locales: un représentant pour chacune des communes de Nanterre, Courbevoie, Puteaux et Paris, un pour la région Ile-de-France, un pour le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), un pour la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP), deux pour le Conseil général.
 
Mathématiquement, Jean Sarkozy est en position de force, puisque les membres issus des différents ministères - et donc censés appuyer sa candidature - sont les plus nombreux, et qu’il y a un équilibre parfait entre les collectivités aux mains de la droite et de la gauche, sans compter le vote du représentant de la CCIP, sans étiquette.
 
Terrasser son seul adversaire connu

Niveau de difficulté: plus difficile qu'il n'y paraît
Pour l’heure, Jean Sarkozy n’a qu’un seul adversaire connu: le maire (PCF) de Nanterre, Patrick Jarry, l'un des 18 administrateurs de l'Epad. Il a d’ores et déjà réclamé que les neuf administrateurs de l'Etat ne se prononcent pas lors du vote.
 
De plus, estimant que «lors d’une élection , il y a toujours des surprises», Patrick Jarry rappelle qu’il n’y a «pas de majorité en faveur du projet d’extension de La Défense», que pourrait défendre Jean Sarkozy, en accord avec la vision paternelle. «Les gens veulent un développement plus humain, plus solidaire et plus durable que la fuite en avant qui est proposée», comme en témoigne la mobilisation des habitants des six communes alentour. Une pierre dans la chaussure du fils cadet de Nicolas Sarkozy.