Ondes: Des effets sur notre organisme, oui, mais lesquels, on ne sait pas

DECRYPTAGE Le rapport de l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail (Afsset) donne quelques pistes mais reste très flou...

Corentin Chauvel

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  — POUZET / SIPA

Les ondes sont partout et depuis vingt ans, le phénomène s’est «fortement amplifié» selon l’Afsset, qui a publié ce jeudi un rapport sur la question. Selon l'agence, la gamme des radiofréquences qui nous entourent vont de 9 kilohertz (kHz) pour une radio à plus de 3.600 mégahertz (MHz) pour un radar.

L’expertise a réuni des scientifiques de tous les domaines afin d’évaluer notamment les effets biologiques et sanitaires des champs électromagnétiques et l’exposition des personnes aux radiofréquences. L’agence s’est attachée à étudier le haut de gamme, c’est-à-dire les appareils d’usage commun qui émettent un minimum de 400 MHz (téléphones portables, réseaux Wi-Fi…).

Comment l’impact des ondes sur notre organisme a-t-il été mesuré?
Grâce à l’indice DAS (débit d’absorption spécifique). Cet indicateur mesure l'absorption d'énergie électromagnétique, soit le niveau de radiofréquences émis par un appareil sans fil vers l’usager lorsqu’il fonctionne à pleine puissance. Près de la moitié des 226 études biologiques réalisées par l’Afsset sur la téléphonie mobile ont conclu que les ondes interagissaient bien sur nos cellules et notre débit sanguin cérébral mais cela «ne signifie pas forcément qu’elles entraînent un dommage et encore moins une altération de la santé.» Cependant, à long terme, «des interrogations subsistent».

Dans quels cas les ondes auraient-elles des effets?
Les craintes sur la santé des fœtus, des enfants et des adolescents sont «justifiées». Selon l’Afsset, leurs tissus sont plus vulnérables et avec l’utilisation «de plus en plus précoce» des appareils sans fil, leur durée d’exposition est plus longue. Des résultats d’études ont également suggéré «la possibilité d’une augmentation du risque de gliomes (type rare de tumeurs du cerveau) pour une utilisation du téléphone mobile d’une durée supérieure à dix ans.» De même, des «excès de lymphomes et leucémies (types de cancer)» ont été observés chez des militaires exposés à des radars dont les radiofréquences sont les plus élevées (2.000 MHz minimum).

Sur quelles pathologies les ondes n’auraient-elles pas d’effets?

Le stress, les insomnies, la stérilité, l'hypersensibilité électromagnétique, l'aggravation des cancers (dans le cas de l'utilisation de téléphones portables), le système nerveux, cardio-vasculaire, et oculaire. Selon l’Afsset, il n’y a aucune preuve que les radiofréquences émises par les téléphones portables provoquent ce type de pathologies.  

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