Le PDG de France Télécom veut «sortir de la spirale infernale» après un 25e suicide

TRAVAIL Didier Lombard est arrivé à Lannion, où un ingénieur 48 ans s'est donné la mort. Il s'agit du deuxième suicide sur le site...

J. M. avec agence

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Des suicides en série à France Telecom.
Des suicides en série à France Telecom. — A. JULIEN
Un 25e salarié de France Télécom s'est suicidé ce jeudi à Lannion (Côtes-d'Armor). Il s'agit d'un ingénieur de 48 ans, en arrêt-maladie depuis un mois sur les conseil de son médecin du travail. Marié et père de famille, il s'est pendu à son domicile, selon la direction, portant à 25 le nombre de suicides dans l'entreprise en près de deux ans.

Didier Lombard est arrivé sur place, se disant «profondément affecté» par ce geste. Le PDG de France Télécom adéclaré qu'il voulait «sortir de la spirale infernale» des suicides à son arrivée en jet à l'aéroport local. «Plus que jamais, il faut que nous accélérions l'ensemble des mesures que nous prenons», a-t-il assuré.

«On lui reprochait tout et son contraire»

Le PDG souhaite rencontrer les salariés et leurs représentants qui disent «ne rien attendre» de cette visite, selon France 2. «On lui reprochait tout et son contraire», a déploré un de ses collègues auquel le disparu s'était confié récemment.

«C'est une terrible nouvelle, que je redoutais», a déclaré sur France 5 le nouveau numéro 2 de l'entreprise Stéphane Richard, qui a précisé que l'ingénieur avait «laissé une lettre à son domicile». Sans en connaître «la teneur exacte», il a indiqué que le salarié y faisait «état d'une déception dont il aurait souffert, à la suite d'un choix professionnel pour un poste sur lequel il était candidat, et où il n'a pas été retenu».

Deuxième suicide sur le site

Il s'agit du deuxième salarié se donnant la mort sur le site de Lannion. Un technicien au centre de recherche avait mis fin à ses jours dans la nuit du 29 au 30 août dernier, sans laisser de message expliquant son geste. Il s'agissait alors du vingt-deuxième suicide.

Ce nouveau drame intervient alors que les dirigeants de France Télécom multiplient les mea culpa.
Après Didier Lombard, qui avait admis vendredi ne pas avoir «pris en compte suffisamment les signaux» de détresse du personnel, mercredi, c'était au tour de Stéphane Richard de reconnaître que l'entreprise était «peut-être allée trop loin» dans les mécanismes de contrôle des salariés.

Les personnels sont «toujours en danger»

«Ce triste événement survient au moment où l’entreprise s’est engagée dans une démarche de lutte active contre les risques psychosociaux», a regretté Xavier Darcos. Le ministre du Travail a exprimé «sa profonde émotion» dans un communiqué. Il invite «les partenaires sociaux de France Télécom à intensifier les échanges entrepris dans le cadre de la négociation sur la prévention du stress au travail et à s’accorder dans les meilleurs délais sur la mise en place de procédures adaptées».

Les syndicats de France Télécom (CGT, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC/Unsa, Sud) ont déjà appelé le personnel à «agir sous toutes les formes, et notamment des assemblées générales» le 20 octobre, jour de la prochaine séance de négociation, estimant notamment que les personnels étaient «toujours en danger».