« Toute l'opposition ne proteste pas »

Recueilli par émile Josselin

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WITT / SIPA

Vous avez décidé de passer par ordonnances pour redécouper les circonscriptions. Craignez-vous une opposition à l'Assemblée ?

Alain Marleix : Ce n'est pas ça. Que ce soit sous la IIIe, la IVe ou la Ve République, on n'a jamais redécoupé que par ordonnances. Sauf en 1986, où François Mitterrand avait refusé de signer les ordonnances, il y a eu un projet de loi in extremis, dont l'examen a duré à peine une heure. Autrement, il y aurait un conflit d'intérêts, avec des députés qui découperaient eux-mêmes leurs circonscriptions, ce qui affecte directement leurs conditions d'élection.

L'opposition dénonce pourtant la création de 24 circonscriptions acquises à la droite et la suppression de 23 circonscriptions à gauche...

C'est démenti par les faits, il y a 18 nouvelles circonscriptions de gauche, et 15 de droite. Parmi celles qui sont supprimées, il y a la 3e circonscription de Corrèze, celle de Jacques Chirac, la 2e de la Creuse, également UMP... Sinon, croyez-vous que la commission de contrôle nous aurait donné son aval sur 95 % de ce qu'on a fait, tout comme le conseil d'Etat ? D'ailleurs, ce n'est pas toute l'opposition qui proteste, seulement une partie du PS et les radicaux de gauche, pas le PCF.

Subsistent des interrogations. Pourquoi avoir supprimé la circonscription d'Aurélie Filippetti (PS) en Moselle, déjà redécoupée en 1986 ?

C'est très simple. D'abord, c'est la moins peuplée et la plus petite. En plus, elle est en plein milieu du département. C'est donc la règle qui s'applique. D'ailleurs nous n'avons jamais été aussi encadrés : il y a la commission constitutionnelle, et le Conseil d'Etat. W