Le numéro 2 de France Telecom: «peut-être allé trop loin» dans le contrôle

MEA CULPA Stéphane Richard estime qu'il faut redonner plus d'autonomie...

Avec agence

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Stéphane Richard, le nouveau numéro 2 de France Télécom, le 8 octobre à Bordeaux.
Stéphane Richard, le nouveau numéro 2 de France Télécom, le 8 octobre à Bordeaux. — JP MULLER / AFP

Après Didier Lombard, c’est au tour du nouveau numéro 2 de France Telecom, Stéphane Richard de faire son mea culpa. Il a reconnu mercredi que l'entreprise était «peut-être allée trop loin» dans les mécanismes de contrôle des salariés du groupe, estimant qu'il fallait leur redonner davantage d'autonomie.

Ces outils qui «ne sont pas destinés à contrôler la personne, mais plutôt la qualité de services que nous offrons à nos clients (...) peuvent procurer chez certains salariés un sentiment d'étouffement». C'est «ça qu'il faut certainement revoir», a dit le directeur des opérations France du groupe de télécommunications lors d'une visite à l'unité d'intervention technique France Télécom de Lens (Pas-de-Calais).

«Ce qui me frappe, c'est tous ces messages de salariés qui me disent: “on a perdu notre autonomie, on a des outils automatisés qui nous disent tout ce qu'il faut faire, et on a l'impression d'être des pions“. (...) A nous maintenant de les convaincre qu'on a mis en place ces outils pour les aider et améliorer nos services, mais que ceci ne doit pas se faire en créant de la souffrance«, a-t-il déclaré.

«Tout pour le fric»

Le numéro 2 de France Télécom a également reconnu que l'organisation du groupe était «sans doute trop centralisée», et qu'il y avait une «nécessité de redonner de l'autonomie et des marges de manoeuvre au niveau local». En marge de cette visite, une dizaine de salariés mécontents, brandissant des banderoles de la CGT, s'étaient rassemblés à l'extérieur du bâtiment pour réclamer «des annonces concrètes sur les conditions de travail des salariés qui souffrent un peu plus tous les jours».

Le ton s’est durcit entre les syndicats et la direction après une nouvelle tentative de suicide ce mardi. «France Télécom aujourd'hui c'est le fric, tout pour le fric, et l'humain on l'oublie», a dit Didier Castelain, délégué CGT, en fustigeant le recours massif à la sous-traitance dans les métiers techniques, et le manque de personnel sur le terrain.