France Télécom: Ca se corse entre la direction et les syndicats

NEGOCIATIONS La CFE-CGC/UNSA quitte la table des négociations...

Maud Descamps

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Environ 110.000 abonnés du Lot-et-Garonne ont été victimes samedi pendant plusieurs heures de "dégradations de fonctionnement" de leur ligne téléphonique fixe et de leur ligne internet en raison d'un dégât des eaux dans un central téléphonique urbain d'Agen, a annoncé la préfecture.
Environ 110.000 abonnés du Lot-et-Garonne ont été victimes samedi pendant plusieurs heures de "dégradations de fonctionnement" de leur ligne téléphonique fixe et de leur ligne internet en raison d'un dégât des eaux dans un central téléphonique urbain d'Agen, a annoncé la préfecture. — Jean Ayissi AFP/Archives

Alors qu'un employé a tenté de mettre fin à ses jours ce mardi à Marseille, le syndicat a décidé de quitter la table des négociations. La CFE-CGC /Unsa France Télécom-Orange l'annonce ce mercredi matin. «On est dans un dialogue social qui est tronçonné», confie Sébastien Crozier de CFE-CGC /Unsa, à 20minutes.fr. «Cela n'avance pas, on ne traite pas des questions de fond sur le projet industriel», de France Télécom, ajoute-t-il.

Le plan de sortie de crise de France Télécom ne convainc pas. Le PDG, Didier Lombard a promis «un changement de ton et d'attitude» aux syndicats et aux employés, le 6 octobre dernier. Un grand chantier est donc en cours au sein de l'entreprise. Un programme jugé insuffisant par la CFE-CGC /Unsa. Le syndicat a ouvert un site pour récolter les témoignages des salariés. «La Direction a une nouvelle fois choisi d’en interdire l’accès depuis les postes de travail en le classant comme site pornographique», annonce la CFE-CGC-UNSA dans un communiqué. «le site de l'Observatoire du stress n'est pas non plus accessible depuis les postes informatiques de France Télécom», ajoute Patrick Ackerman, délégué syndical central Sud.

Un changement de fond

Une prise de position qui n'est pas partagée par tous les syndicats. La CGT refuse, elle, de quitter les négociations. «Bien au contraire, nous restons à la table des négociations car c'est la clef de cette situation difficile», explique à 20minutes.fr Jean-Paul Gristi, de la fédération nationale de la CGT.  «Ca va très lentement, mais il faut continuer à discuter», souligne le syndicaliste qui précise qu'au-delà des suicides, il y a en permanence «10.000 salariés en congés maladie». Signe d'un malaise profond dans l'entreprise.

Même discours à la CFDT qui n'envisage pas de rompre le dialogue. «Quand il y a une date de négociations qui est ouverte, on reste», déclare Xavier Major, délégué syndical central. «Nous sommes d'accord pour dire que ça va ni assez vite, ni assez fort, mais il est de notre responsabilité de continuer à discuter», ajoute-t-il.

Du côté du syndicat Sud, la décision de rompre la discussion n'est pas encore prise. «On considère que les négociations ne marchent pas, et la tentative de suicide de ce matin n'est pas pour détendre les discussions, explique Patrick Ackerman, mais nous allons attendre la réunion pleinière du 20 ctobre pour prendre notre décision», a-t-il ajouté.