MAM va empêcher les criminels sexuels de séjourner près de leurs victimes

JUSTICE Un projet de loi sur la récidive devait être examinée à l'Assemblée nationale avant la fin du mois...

M. D. avec agence

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Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, à la sortie du conseil des ministres, le 1er juillet 2009.
Michèle Alliot-Marie, la ministre de la Justice, à la sortie du conseil des ministres, le 1er juillet 2009. — Philippe Wojazer / REUTERS

La ministre de la Justice a annoncé mardi soir qu'elle voulait faire inscrire dans la loi l'«interdiction automatique» pour les criminels sexuels de séjourner à proximité des lieux habités par leurs victimes. La ministre a rappelé sur France 2 qu'un projet de loi sur la récidive devait être examinée par la commission des Lois de l'Assemblée nationale «avant la fin octobre».

La motivation du juge

«Dans cette loi, j'ai l'intention d'inscrire notamment l'interdiction du séjour à proximité du lieu où habite la victime, comme une peine automatique», a-t-elle ajouté. «Et si le juge veut, pour une raison quelconque, que cela ne s'applique pas, à ce moment-là il faudra qu'il le motive».

Une mesure qui intervient quelques semaines après l'assassinat de Marie-Christine Hodeau, une joggeuse de 42 ans enlevée et tuée le 28 septembre dans l'Essonne. Le tueur présumé avait été condamné en 2002 à onze ans de prison pour l'enlèvement et le viol d'une adolescente de 13 ans. Il était revenu s'installer dans le voisinage de sa première victime après sa libération.

La castration chimique renforcée

Michèle Alliot-Marie a par ailleurs confirmé qu'elle souhaitait faire inscrire dans cette même loi un renforcement des mesures de castration chimique des condamnés, afin qu'elles puissent s'appliquer, pour les volontaires, non seulement pendant l'incarcération mais aussi «en dehors de la prison, y compris après la fin de la peine». La personne qui y renoncerait serait punie par un «retour en prison».

La prise de ce traitement médicamenteux devra être «garantie par des médecins», a-t-elle précisé. «Je demanderai que soit inscrite dans la loi une obligation simplement de signaler si le traitement n'est pas pris».