la droite peine aussi à digérer la candidature de Jean Sarkozy

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Les coups les plus durs sont ceux qui viennent de l'intérieur. Hier, lors d'une réunion de parlementaires UMP, le député des Yvelines Pierre Cardo a eu la dent dure sur « l'affaire de l'Epad », qui empoisonne la droite depuis plusieurs jours. Sans citer Jean Sarkozy - probablement élu en décembre à la présidence de l'établissement public de la Défense -, il n'a pas caché sa crainte que la polémique ait un impact sur la législative partielle de dimanche prochain dans la 12e circonscription des Yvelines, que David Douillet va tenter de conserver à l'UMP. « On entend en circonscription des parents dont les enfants ne trouvent pas de stages... », a-t-il précisé, suscitant les applaudissements de ses collègues.

« Juste des tapotements, tempère Eric Raoult, député de Seine-Saint-Denis, présent à la réunion. Pierre Cardo est le seul à avoir dit quelque chose et cela venait comme un cheveu sur la soupe, choquant un peu tout le monde. » Pourtant, Jacques Myard, député UMP des Yvelines également, estime « que la candidature de Jean Sarkozy à l'Epad est inopportune. La politique, c'est aussi l'art de la finesse. » Le patron des parlementaires UMP, Jean François Copé, reconnaît à demi-mot que le débat était pourtant inévitable. « J'assume. J'ai suggéré qu'on n'ouvre pas un débat à l'infini à ce sujet. Il m'a semblé que l'expression, allusive mais claire, de Pierre Cardo [résumait] ce que peut-être un certain nombre d'autres voulaient dire », a-t-il déclaré. Pour se mettre un peu de baume au coeur, Jean Sarkozy pourra compter sur un soutien inattendu venu de la gauche. Le député (PS) de l'Essonne Julien Dray a estimé hier sur Canal+ « un peu injuste le procès qui lui est fait » parce qu'« il s'appelle Sarkozy et qu'il a 23 ans ». W

Christophe Joly