Ex-membre d'un boys band, un métier à part entière

MUSIQUE Ils ont connu la gloire puis la déchéance. Comment s'y sont-ils pris pour remonter la pente?

Corentin Chauvel

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  — ZICH/SIPA

C'est l'hécatombe chez les boys band. En l'espace d'un mois, deux membres de groupes phares des années 1990 sont décédés de manière soudaine. Le retour à la vie normale après un succès fulgurant est long et difficile pour les ex-idoles, mais pas insurmontable. Petit florilège des suites de carrière possibles.

Ceux qui continuent quand même dans la chanson (mais qui n'y arrivent pas)
La plupart des ex-membres de boys band ont tenté de poursuivre l'aventure, souvent sans succès. Certains ont réussi à publier un album dans la foulée de la séparation de leur groupe mais cela est rarement allé plus loin, et contrairement à leurs homologues anglo-saxons, ils n'ont pas essayé de se reformer.

Chris Eden, de G-Squad, a collaboré à divers projets dont des comédies musicales, notamment La Légende de Broadway en 2008. Il réalise également des clips, dont le dernier en date est celui de Maurane pour la chanson «Armstrong».

Son ancien partenaire Gérald Jean-Laurent, alias D'Gey, erre depuis son départ du groupe entre la chanson (son dernier single, «I’m your man», date de 2005) et des chroniques pour Pink TV en 2005 après avoir fait son coming out.

Ceux qui veulent brûler les planches (mais qui se brûlent les ailes)
Si Filip Nikolic des 2be3 s'en était plutôt bien sorti grâce à la comédie après l'évaporation du groupe dans les années 2000, ce ne fut pas vraiment le cas de Franck.

Outre un passage par la téléréalité en 2005, Franck Delhaye (ou Delay, son nom d'artiste) a également tenté de percer au cinéma en 1999, à la télévision en 2006 et sur les planches en 2007. Il a joué dans quelques courts métrages en 2004, dont l'un où il donne la réplique à Aziz Essayed, issu du premier Loft Story.

Si le leader d'Alliage, Quentin Elias, a continué la chanson en solo aux Etats-Unis jusqu’à tout récemment avec un dernier single intitulé «Shattered Dreams», il gagne maintenant sa vie avec de la pornographie gay, où il se met en scène depuis 2008 sous le pseudonyme «Q», et du cinéma traditionnel («Spider-Man 3», «My Guaranteed Student Loan» qui sort en décembre prochain aux Etats-Unis).

A défaut de faire du cinéma ou du théâtre, Marlon, des G-Squad, serait le «Antonio» de la publicité pour une marque de chips.

Ceux qui font du mannequinat parce qu'ils ont encore quelques restes
Comme ils avaient tous été sélectionnés pour leur physique, ce fut la roue de secours d'une majorité des ex-membres de boys band. Ce serait l'activité principale de Roman Lata Arres, ancien G-Squad, et l’une des nombreuses occupations artistiques de Quentin Elias qui fut l’égérie d’une marque de sous-vêtements et aurait posé pour Giorgio Armani et Jean-Paul Gaultier.

Ceux qui ont désormais des activités qui n'ont vraiment plus rien à voir

Adel Kachermi, des 2be3, est devenu représentant commercial pour SkyJet, la filiale spécialisée en jet privé de l'avionneur Bombardier. Adel a également fondé en 2007 sa société de relations publiques, Akcess, axée sur le luxe.

A l'opposé du sulfureux Quentin Elias, Steven Gunnell, ex-Alliage, a inscrit son avenir dans la foi chrétienne. Après des lendemains difficiles, il s'est tourné vers Dieu et a également changé de domaine musical. Après le R'n'B sans saveur, il s'exerce dans le rock chrétien avec l’album «In Terra» en 2003. Il a incarné également Jésus puis Jean Paul II dans les grandes fresques de Robert Hossein, Ben Hur en 2006 et N'Ayez pas peur en 2007, et a publié plusieurs ouvrages sur la foi.

Brian Torres, autre ex-membre d'Alliage, garde une petite place dans les journaux people grâce à ses relations amoureuses avec des célébrités (Sophie Favier, Natacha Amal). Il se serait également lancé dans le business high-tech.

Les autres G-Squad n'ont pas mieux réussi: Après un album solo en 1999, Andrew McCarthy aurait terminé sur un téléphone rose gay et Mika a disparu de la circulation.