Procès Clearstream: Villepin «n'a pas voulu régler de comptes avec Sarkozy»

COMPTE RENDU Confronté, mercredi, à Gergorin, Lahoud et Rondot, l'ancien Premier ministre s'est enfoncé dans la négation...

Vincent Vantighem

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 Dominique de Villepin au procès Clearstream le 30 septembre 2009
 Dominique de Villepin au procès Clearstream le 30 septembre 2009 — REUTERS/Gonzalo Fuentes

La contradiction dans la confrontation. Abreuvé de versions différentes de l'affaire Clearstream, le tribunal correctionnel de Paris avait décidé, mercredi, de confronter les différents protagonistes pour tenter d'y voir clair. Sans succès. La journée a vu Lahoud et Gergorin rester sur leurs positions et surtout Dominique de Villepin s'enfoncer dans la négation.

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L'épisode de la garde à vue

Après trois heures passées sur le gril, l'ancien Premier ministre s'est même lancé dans une de ses envolées dont il a le secret. Il a affirmé qu'un homme politique tel que lui n'avait pas pu tremper dans l'affaire Clearstream. «Je n'ai pas voulu régler de comptes avec Nicolas Sarkozy. Cela aurait signé ma mort politique! Toutes vos questions sont sans fondement.»
Ce n'est pourtant pas l'impression qu'a donnée sa confrontation avec le général Rondot. Comme quasiment tous les jours, le tribunal a souhaité revenir sur l'épisode de la garde à vue d'Imad Lahoud. C'était en mars 2004. Le mathématicien avait été interpellé dans une autre affaire de «faux et usage de faux». Appelé à la barre, le général Rondot assure une fois de plus avoir reçu des ordres de Dominique de Villepin pour faire libérer le falsificateur présumé des listings Clearstream.

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Un micro renversé

Pour une fois, Gergorin et Lahoud sont d'accord sur les faits. Mais pas Villepin... «Je n'ai pas demandé la libération d'Imad Lahoud, martèle-t-il. Je ne le connaissais même pas.» La petite voix métallique de Gergorin ressurgit alors: «J'ai bien appelé le ministre à ce sujet. Je suis passé par son garde du corps pour le joindre.» Contestant autant avec les mains qu'avec la parole, Villepin renverse le micro : «Jamais. Jamais il ne m'a joint, Monsieur le président. La vérité est parfois plus simple, plus prosaïque... »