La directrice d'une maison de retraite bayonnaise mise en examen pour maltraitance

JUSTICE Les enquêteurs ont trouvé sur place des résidents laissés dans des conditions d'hygiène plus que douteuses, voire violentés...

J. M. avec agence

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L'octogénaire qui serait morte le lendemain de son passage aux urgences d'un hôpital de Metz "faute de soins", selon ses proches, se serait en fait étranglée avec de la nourriture, a indiqué dimanche le procureur de la République de Metz, citant les conclusions de l'autopsie.
L'octogénaire qui serait morte le lendemain de son passage aux urgences d'un hôpital de Metz "faute de soins", selon ses proches, se serait en fait étranglée avec de la nourriture, a indiqué dimanche le procureur de la République de Metz, citant les conclusions de l'autopsie. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

Les pages jaunes décrivent «une maison de retraite à caractère familial sur un parc ombragé». Mais ce qu'ont découvert lundi matin les policiers à l'établissement Les Colombes de Bayonne, n’a pas grand-chose à voir avec cette description. Des cas «manifestes de maltraitance à personnes âgées, de défaut d'hygiène et même de cas de violences physiques», a décrit une source judiciaire confirmant ce mercredi une information de LCI.fr. La directrice, âgée de 70 ans, a été mise en examen pour «faits de violence (...) commis sur personnes vulnérables».

Maltraitance et détournement de fonds

Les premiers éléments de l'enquête mettent en lumière des cas de «personnes attachées en permanence», de «coups», de «sous-alimentation», d'«absence totale de compétence professionnelle de la direction» et de «tarifs prohibitifs au regard des prestations», selon un communiqué de la secrétaire d'Etat chargée des aînés Nora Berra.

Un coupé Mercedes, acheté au nom de la SARL qui gère l'établissement, aurait été retrouvé au domicile de la directrice, selon RTL. Selon les informations de la radio, elle serait soupçonnée de détournement de fonds. L'examen des comptes de la maison de retraite aurait notamment démontré que 15 repas seulement étaient commandés chaque jour, pour 15 pensionnaires.

«Attachés dans leur lit au milieu d'excréments»

Sur place, les enquêteurs, accompagnés de médecins et d'un magistrat, ont trouvé des résidents «attachés dans leur lit au milieu d'excréments» ou ayant subi des «violences physiques», rapporte le site de la chaîne d'infos. Selon RTL, des aliments périmés ont été retrouvés dans des réfrigérateurs débranchés, ainsi que des médicaments «ayant dépassé la limite». Contactée par 20minutes.fr, la maison de retraite, spécialisée dans l'accueil de personnes atteintes de «détérioration intellectuelle» et de maladie d'Alzheimer, n'a pas souhaité réagir.

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a finalement pris la décision de fermer l'établissement, ce mercredi, tandis que les services de la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) ont relogé la quinzaine de pensionnaires, âgés de 80 à 95 ans. La Ddass «n'avait pas de mission de contrôle» sur cet établissement, qui n'a pas le statut d'établissement destiné aux «personnes agées dépendantes», a souligné la préfecture de Pau. Une cellule psychologique a été mise en place pour les résidents et leurs familles.

Une infirmière a dénoncé les faits

«Cet établissement n'aurait jamais dû accueillir des résidents dépendants», dénonce nora Berra dans son communiqué pointant l'absence d'agrément d'Etat. La secrétaire d'Etat entend donc adresser une instruction aux départements, afin que les structures de ce type soient recensées. L'objectif: «les mettre en demeure d'appliquer la réglementation et, à défaut, procéder à leur fermeture».

L'établissement était visé par une enquête menée par le parquet, en liaison avec la police de Bayonne. C'est une infirmière libérale qui a dénoncé, courant septembre, de graves cas de maltraitance.