Le plan Apparu contre l'exclusion

Laure de Charette

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Objectif : optimiser la prise en charge des SDF. Après un été passé le nez dans les dossiers du secrétariat d'Etat au Logement qui lui a été confié en juin dernier, Benoist Apparu présente à 20 Minutes ses pistes de réflexion dans le cadre de la refonte du système d'hébergement des sans-abri. Un chantier d'ampleur lancé par sa prédécesseur, Christine Boutin. Il a demandé, fin septembre, aux associations d'aide aux personnes à la rue de lui remettre leurs propositions d'ici à la fin octobre. Dans son esprit, trois pistes se dessinent déjà. Revue de détail.

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Un dossier personnalisé Inspiré du dossier médical - et du modèle britannique - , Benoist Apparu souhaite que chaque sans-abri soit suivi, de la rue à la gestion éventuelle d'un appartement. Et ce, en tenant compte de ses spécificités : les différences entre un SDF avec son chien, une femme battue qui se retrouve à la rue ou un malade psychiatrique sont immenses. Cela nécessite de repenser les outils de collecte d'information pour savoir qui est qui, qui dort où, quand. Certaines communes ont pris les devants : ainsi à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), la commune a établi une carte recensant les sans-abri présents. Mais certaines associations craignent un « fichage » des SDF.

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Un référent unique Il veut limiter le nombre d'acteurs chargés d'aider une même personne. « C'est vrai que les SDF racontent leur histoire en permanence aux différents travailleurs sociaux », reconnaît Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre. Si le secrétaire d'Etat « va un peu vite en besogne » à ses yeux - les associations sollicitées par ses soins n'ont pas encore remis leurs travaux -, il trouve l'idée judicieuse. A condition qu'elle ne vise pas à faire des économies.

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Un numéro vert unique Actuellement, le Samu social ne gère que 30 % des lits disponibles à Paris. Les lits restants sont gérés en direct par Emmaüs, La Mie de pain, etc. Résultat : le 115, numéro vert du Samu social servant à orienter les sans-abri vers des structures, est régulièrement saturé, alors même que des places sont encore libres dans d'autres centres. Ce qui ne manque pas de donner lieu à une polémique chaque hiver. Apparu souhaite qu'à l'avenir, un numéro unique gère l'ensemble du parc. Sans dire pour l'heure si les personnes qui frapperont directement à la porte d'un centre, sans avoir appelé le 115, pourront être accueillies. W