Pollution maritime: Ce qui a changé depuis le naufrage de l'Erika

ENVIRONNEMENT De nombreuses réglementations ont été créées depuis la marée noire de décembre 1999...

Corentin Chauvel

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Sept ans après la marée noire qui ravagea 400 km de côtes françaises, le procès du naufrage de l'Erika s'ouvre lundi à Paris pour tenter de démêler les responsabilités des armateurs, de l'affréteur Total et des secours.
Sept ans après la marée noire qui ravagea 400 km de côtes françaises, le procès du naufrage de l'Erika s'ouvre lundi à Paris pour tenter de démêler les responsabilités des armateurs, de l'affréteur Total et des secours. — HO AFP/Archives

Y aura-t-il encore des marées noires sur les côtes françaises? Ce n’est pas impossible mais le naufrage de l’Erika aura au moins permis aux autorités françaises et européennes de prendre conscience de la nécessité de réagir au plus vite. Trois mois après le drame, en mars 2000, trois «paquets» de mesures législatives sont  présentés par la Commission européenne: Erika 1, 2 et 3.

Les bateaux poubelles surveillés, les pétroliers renforcés

Entrées en vigueur entre 2002 et 2009, ces directives renforcent le contrôle et la surveillance des pétroliers circulant dans les eaux européennes. On y retrouve notamment une «liste noire» des bateaux poubelles, l’augmentation de la responsabilité des propriétaires des navires en cas de pollution, un fonds d’indemnisation en cas de dommages et la création d’une Agence européenne pour la sécurité maritime.

Par ailleurs, les pétroliers à simple coque doivent être remplacés progressivement par des doubles coques, qui assurent une meilleure protection aux chargements de pétrole. Jacky Bonnemains, le président de l’Association écologique «Robin des Bois» contacté par 20minutes.fr, estime que ces mesures ont eu des «répercussions positives»: «L’Union Européenne a su réagir et les transporteurs pétroliers prennent désormais beaucoup plus de précautions.»

Toutefois, les risques de pollution se déplaceront vers d’autres types de bateaux tels que les porte-conteneurs qui transportent souvent des charges polluantes en grande quantité selon Jacky Bonnemains.

Le préjudice écologique médiatisé

Le motif de «préjudice écologique» invoqué pour condamner Total n’est pas une nouveauté. Si le naufrage de l’Erika a contribué à le renforcer et surtout à le médiatiser, il a déjà été utilisé à plusieurs reprises dans des affaires de pollution environnementale.

Jacky Bonnemains reste «très réservé» quant à son efficacité. Il estime que le préjudice écologique, qui correspond à des indemnités versées aux collectivités locales et aux associations écologiques, ne serait pas assez élevé dans le cas de l’Erika. «Une marée noire, ça a une vie très longue, de plus d’une dizaine d’années» et les 1.3 millions d’euros obtenus dans ce cadre ne sont pas suffisants pour «crier victoire et tourner la page» selon le président de «Robin des Bois».