Benoît Hamon: «Sur La Poste, il serait bien que Nicolas Sarkozy dise "je me suis trompé"»

INTERVIEW Le porte-parole du Parti socialiste soutient le vote massif contre la privatisation de La Poste et accuse les porte-parole de l'UMP d'avoir joué aux snipers...

Propos recueillis par Maud Descamps

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Benoit Hamon, fin mai 2009.
Benoit Hamon, fin mai 2009. — SIPA

Le comité national contre la privatisation de la Poste a annoncé, ce lundi, les résultats de la votation citoyenne. Benoît Hamon était présent à la mairie du 2e arrondissement, à Paris, où les résultats ont été rendus publics.


Plus de deux millions de personnes se sont prononcées sur le statut de La Poste, êtes-vous surpris d'une telle mobilisation?
 

Oui et non. Au-delà de 2 millions de votants, on peut dire, en effet, que c'est une bonne surprise, mais on savait l'attachement des Français à La Poste et surtout au service public. C'est donc une mobilisation exceptionnelle. C'est pour cela que l'organisation d'un véritable référendum ne peut être que la suite logique à ce scrutin. Le gouvernement a un monde de retard en s'entêtant à privatiser. Nous savons qu'un passage à une société anonyme prépare inéluctablement la privatisation. Personne n'a vraiment confiance en ce gouvernement.
 
Comment répondez-vous aux critiques émises par la droite sur la non-légitimité de ce scrutin?
 
Je trouve d'une médiocrité misérable l'attitude d'un gouvernement et d'un parti au pouvoir qui, pour seule réponse, cherchent à démolir ce scrutin. Je suis assez choqué de voir que la première réaction n'a pas été d'envoyer les ministres répondre mais les porte-paroles de l'UMP qui ont joué aux snipers. Je n'attends pas grand chose de messieurs Woerth (ministre du Budget), Estrosi (ministre de l'Industrie), Lefebvre (porte-parole de l'UMP) et Paillet (secrétaire général adjoint de l'UMP). S'ils en contestent la légitimité, alors il faut qu'ils organisent un référendum. Ils ont la possibilité de clarifier tout cela.
 
Pensez-vous que le gouvernement écoutera les Français?
 
S'il est capable de faire ce geste (organiser un référendum, ndlr), alors il en a ici l'occasion. Avant la crise, Nicolas Sarkozy souhaitait privatiser La Poste. Mais puisque le monde à changé, il serait bien qu'il dise «je me suis trompé». Nous, les socialistes, nous nous sommes trompés quand nous avons privatisé France Télécom. Et bien que le gouvernement fasse de même et le reconnaisse à son tour. Ce n'est donc pas la fin du combat, on est au milieu de la bataille.