Clearstream: l'audition du général Rondot en direct

Oriane Raffin, envoyée spéciale au Palais de Justice de Paris

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20h00: Le live, c'est fini pour aujourd'hui. Devant la salle d'audience, cigare au poing, l'avocat de Dominique de Villepin Olivier Metzner descend scrupuleusement les interventions de son confrère Thierry Herzog, conseil de Nicolas Sarkozy.
>> Retrouvez le compte-rendu de la journée d'audience en cliquant ici
19h55: Des avocats désertent la salle d'audience. L'heure du dîner? Sur les bancs de la presse, les ventres gargouillent.
19h44: "J'ai fini, de toutes façons, il dit rien", s'emporte l'avocat de Plenel...
19h40: Le général Rondot ne veut pas répondre aux questions sur Edwy Plenel...
Parce que Plenel a dit vouloir le voir sur le banc des accusés. Un affront que le général n'a pas digéré.
19h39: "Je n'ai pas l'habitude de mentir", se défend le général Rondot
"Eh bien chacun pensera ce qu'il veut", répond maître Herzog, qui s'assoit.
19h38: "Je dis la vérité", s'insurge le général Rondot
Maître Herzog essaie de montrer/trouver les contradictions dans le discours du témoin.
"Quand Galouzeau doit il répondre qu'on se marre ?", demande Patek dans les commentaires. Pas tout de suite... le président pourrait faire venir Dominique de Villepin à la barre, mais pour le moment, il ne le fait pas. On verra quand ce sera à l'avocat de l'ancien premier ministre de poser les questions...
19h33: Personne ne comprend l'intérêt des questions de maître Herzog
Repousser au plus tard les questions de l'avocat de Dominique de Villepin? Epuiser le Général Rondot ?
19h31: Maitre Herzog veut savoir comment les notes de Rondot ont atterri dans les journaux...
19h25: "Je ne sais pas", lâche d'un souffle le général.
Maître Herzog relance. "Mais enfin, mon général!"
19h22: Le visage du général Rondot est de plus en plus creusé, alors que maître Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy pinaille sur des questions très pointues.
19h18: Le général Rondot a la voix de plus en plus fatiguée
19h04: Les questions portent sur des détails de cartes mémoires et autres...
C'est pour achever le public et les journalistes???
18h57: L'avocat de Pierre et Charles Pasqua passe aux questions
18h53: maintenant, ce sont aux avocats de poser les questions.
18h46: "On dit que je suis un solitaire, c'est vrai. J'ai mes méthodes"
Et elles ne sont pas toujours bien vues, précise Rondot.
18h26: Lapsus du procureur Marin qui confond les protagonistes
"Oui, lapsus, on verra qui n'en fait pas dans cette audience", répond-t-il sèchement.
18h23: "Vos agendas, vous les remplissez comment?"
C'est vrai ça... on se demande... Eh ben le général les a "toujours sous la main" et il note tout "parfois à la minute près".
18h15: le procureur Marin passe à l'attaque
17h59: Le parquet remet Rondot face à ses affirmations sur JL Gergorin
"Paranoïa", complots, etc.
Rondot, lui, évoque une "exaltation", "des raccourcis", "mais tout revenait au bout du compte à une sorte de complot international dont il tirait les fils".
17h51: "Je ne suis redevable de personne"
Soit c'est le micro, soit la voix de Rondot perd en force.
17h49: Ca fait maintenant plus de 4 heures que Philippe Rondot, 73 ans, est debout, dans son costume vert sombre, malgré la chaleur...
A la suspension, il est encore resté debout, faisant juste quelques exercices dans la salle pour se dégourdir les jambes. Un militaire. Un vrai.
17h48: C'est le procureur qui prend la parole
Il veut mieux comprendre les relations Rondot-Gergorin.
17h48: Reprise de l'audience
17h42: Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud papotent en attendant la reprise de l'audience
Armés de bouteilles d'eau, ils se dégourdissent les jambes. Au milieu, Denis Robert est au téléphone.
Déclarations avocat
"Si vous avez la patience de rester..." avertit Maître Metzner, un des avocats de Dominique de Villepin. Il se promet de démonter point par point les arguments du général Rondot. Effectivement, c'est parti pour durer...
17h37: Pendant ce temps-là, des badauds filment les déclarations des avocats, au milieu des journalistes, avec leurs téléphones portables, ajoutant encore un peu de cohue...
Déclarations avocat
Pour l'avocat de Jean-Louis Gergorin, les déclarations de Rondot, "c'est quelque chose de très positif". Il considère que l'ancien général est "quelqu'un de fiable, qui prenait des notes tous les jours."

"Il a dit n'avoir jamais douté de la sincérité de Jean-Louis Gergorin", souligne l'avocat.
17h21: à la sortie de l'audience, les flashs crépitent
17h20: Suspension de séance
Un quart d'heure (bien mérité souffle-t-on dans les rangs de la presse)
17h19: "Si je suis ici, c'est pas pour me défendre, c'est pour m'exprimer"
17h07: petit cours de création de pseudos à l'usage des futurs agents secrets
"Le pseudonyme mabuse (pour Gergorin ndlr) peut se rapporter au comportement hiératique de Jean-Louis Gergorin. Mais ce n'est pas péjoratif." Rires dans la salles
16h54: Le général Rondot a-t-il rencontré Laetitia Casta?
Enfin une question essentielle... eh bien la réponse est non. "Malheureusement, je n'ai pas eu cette chance là", confie-t-il.
16h20: "Il y a eu une demande d'intervention"
Au téléphone, Villepin "m'a d'abord parlé de Madrid", relate le général Rondot. C'est lui qui ensuite "aborde le sujet" (d'Imad Lahoud).
16h16: "Il ne donne pas le nom, mais j'ai compris"
Dominique de Villepin appelle le général Rondot. Selon lui, il est clair que l'ancien premier ministre réclame que le général fasse tout pour faire libérer Lahoud au plus vite. "Naturellement, je n'ai rien fait car je trouvais que c'était lâche et inhabituel. Quand une source se fait prendre, la règle veut qu'elle se débrouille d'abord seule pour s'en sortir".
16h14: Le président aborde enfin la question de la garde à vue d'Imad Lahoud
Il faut savoir si Dominique de Villepin est intervenu ou pas...
16h13: En décembre 2005, à sa retraite, Rondot a détruit plein d'archives...
Dont un CDRom donné par Lahoud.
15h23: Le président coupe les cheveux en 4 dans ses questions
D'ailleurs, le public commence à se dissiper. On entend des murmures.
15h15: "Je n'ai jamais eu d'autres rencontres que professionnelles avec JL Gergorin, de même qu'avec D de Villepin"
>> Rien compris à l'affaire Clearstream? Les explications, c'est par là
"Oh oh! On dirait que Rondot et Villepin ne sont pas copains", résume jaimpa dans les commentaires. Docteur Mabuse, lui, est complètement désabusé: "Qui veut parier avec moi qu'à la fin de ce procès on n'en saura pas plus qu'aujourd'hui ;-)".
14h54: "Je n'admets pas que l'on mette en doute mon honneteté"
Le président reprend la main et attaque la série de questions.
14h53: "Tout de même, je n'ai pas un QI de pétoncle", s'insurge Rondot
Qui rappelle qu'en France, les militaires ne sont pas aimés.
14h48: Dominique de Villepin prend des notes
Il va devoir se défendre... D'habitude, il est assis bien droit. Là, il est bien enfoncé dans son siège.
14h46: Le général Rondot est alors convoqué par Dominique de Villepin
Il lui fait un point. "Et il a cette formule: 'si nous apparaissons, le président de la République et moi, nous sautons'".
14h45: Les services suisses lui affirment "ca ne tient pas la route"
Le général Rondot se fait donc son idée sur l'affaire et sur les listings.
14h45: Le général mène son enquête de façon officieuse
14h41: Gergorin continue à affirmer qu'il est en contact fréquent avec D de Villepin
"Je n'ai aucune raison de mettre en doute, à ce moment-là, les propos qu'on me rapporte".
14h40: "D'autres noms d'hommes politiques apparaissent"
"Je n'ai pas voulu outrepasser le cadre de ma mission et crier partout". Il a donc gardé le nom de Sarkozy pour lui.
14h39: "Je me souviens du moment où Imad Lahoud me montre une liste où figure les patronymes de Nicolas Sarkozy"
14h33: "Tout bascule en mai"
Le juge van Ruymbeke arrive dans l'affaire. Gergorin affirme avoir contacté le juge "sur instruction de Dominique de Villepin", affirme le général Rondot.
14h30: "Mes doutes ne font que s'amplifier"
En présence de Gergorin et Lahoud, chez EADS, une tentative d'intrusion informatique est prévue. Elle tombe à l'eau.
14h29: ton très neutre du général, qui charge, phrase après phrase D. de Villepin
14h27: Rondot confirme ce qu'il y a dans ses notes
C'est pas bon pour Villepin tout ça...
14h26: Pas de contact autre que téléphonique, ensuite, avec D. de Villepin
sauf une fois, pour une intervention en faveur de Lahoud.
14h24: D. de Villepin demande au général de ne pas parler de l'affaire à MAM, ministre de la Défense d'alors.
14h20: "ce déluge verbal pour moi en partie incompréhensible de Jean-Louis Gergorin"
ambiance... "belle construction intellectuelle de JL Gergorin qui attire l'intérêt de D de Villepin". "D. de Villepin fait état d'instructions du président de la République pour enquêter."
14h19: "On ne parle pas précisément de la liste"
14h19: "Le nom de Nicolas Sarkozy est cité par les uns ou par les autres"
14h18: Les avocats sont concentrés
Tous les regards sont fixés sur le témoin assisté.
14h17: "Je me retrouve dans le bureau du ministre des Affaires étrangères avec Jean-Louis Gergorin"
C'était le 9 janvier 2004. "Je sors un petit calepin avec des fiches bristols. Personne ne me dit de ne pas prendre de notes".
14h15: "Ce n'était pas une première"
Car il y a beaucoup de "calomnies" dans notre pays, estime le général.
14h11: On continue la chronologie...
A ce rythme là, on va vraiment avoir tous les détails.
14h09: "Gergorin a une personnalité qui est parfois confondante"
Des "analyses très fines, très profondes", mais aussi "une exaltation qui parfois dessert les analyses qu'il peut faire, ou les idées qu'il peut avoir". "Il a une fascination réelle pour le monde du renseignement et une certaine forme d'obsession pour les complots, qu'il soient internationaux ou autre."
14h08: Allez, on passe à Gergorin maintenant
Rondot a aussi lu des portraits dans la presse, mais il va -là aussi- nous donner sa version.
14h06: "Personne complexe, soucieux d'entrer dans le monde du renseignement"
Mais qui est Imad Lahoud? "Cette personne, qui a un passé judiciaire, n'est pas quelqu'un de facile à traiter. J'ajoute que j'ai une certaine expérience du traitement de ces personnes vivant dans cette partie du globe."
14h05:Les données de Lahoud sur le financement du terrorisme dans les Balkans étaient dispos... sur internet!
14h01: C'est l'officier "Antoine" qui va debriefer Imad Lahoud
Mais les conclusions ne semblent pas fiables pour la DGSE, qui se sépare de lui.
13h59 Rondot dit avoir rencontré Lahoud à plusieurs occasions
"Il me semble une bonne approche pour m'approcher et mieux connaître son environnement."
13h58: "Imad Lahoud, c'est la source humaine"
Le général Rondot détaille maintenant qui est cette source... "En janvier 2003, monsieur Jean-Louis Gergorin me signale qu'il a une personne, libanais d'origine, français, suceptible de m'apporter des informations sur le financement du terrorisme. Bien sûr, je ne laisse pas échapper cette opportunité."
13h56: Le général Rondot parle des "faiblesses" d'une source
Mais "je ne lache jamais une source dans la nature", précise-t-il.
13h53: "Je n'ai jamais eu d'entretien sur cette affaire avec le président de la République"
Pourtant, il avait demandé plusieurs fois...
13h53: En avril 2004, il rédige sa première synthèse de sa rencontre avec le ministre
13h49: "Sur le coup, j'ai eu beaucoup de peine quand j'ai vu ces documents saisis"
Parce qu'il les a vus dans la presse...
13h48: Il y notait tout: coups de fils, opérations à l'extérieur, échanges...
"une sorte de mémoire à laquelle il se referait pour remonter dans le passé." Tout a été détruit, affirme-t-il. Il a juste gardé des chemises avec des verbatims d'entretiens et réunions avec sa hiérarchie, classés par ministère.
13h44: Le général revient sur ses "notes" et ses "verbatims"
"Je tenais un journal de marche", explique-t-il, reprenant une expression militaire. Il reportait les évènements de la journée. "Mon père, qui m'a appris mon métier, m'avait incité très jeune à tenir un journal".
13h42: Aujourd'hui encore, la salle est comble
presque autant que lors de l'audition de D. de Villepin. L'avocat du général Rondot a même essayé de squatter les bancs de la presse comme il ne trouvait pas de place ailleurs.
13h39: "Au cours de ces auditions, il m'est arrivé de commettre des erreurs"
13h35: la voix faible, le général revient sur ses fonctions au moment des faits
Il travaillait au ministère de la Défense.
13h33: Aaaah ça y est, il arrive
Bronzé, le général Rondot arrive à la barre et décline son identité.
13h31: L'audience est ouverte
Les journalistes, eux, cherchent Rondot du regard... mais où est-il passé?
13h26: Aujourd'hui, le général Rondot fête ses 73 ans...
Sympa comme journée d'anniversaire

Clearstream: le général Rondot, l'espion qui notait tout

Par Vincent Vantighem

Les paroles s'envolent. Les écrits restent. Et c'est tout le problème pour Dominique de Villepin. Des cinq prévenus de l'affaire Clearstream, l'ancien Premier ministre sera sans doute le plus attentif à l'audition de Philippe Rondot, cet après-midi. Chargé, en 2004, d'enquêter sur la véracité des listings Clearstream, cet ancien général a consigné toutes les étapes de l'affaire dans de petits carnets à spirale. Appelé à la barre ce lundi après-midi, il lui suffira de confirmer la teneur de ses notes pour mettre en difficulté Villepin.

>> Une audience à suivre en live sur 20minutes.fr à partir de 13h30

A 73 ans, Philippe Rondot n'a plus l'allure de James Bond. Ce fut pourtant l'un des plus brillants espions français. Capable, en 1994 au Soudan, de commander un café à quelques tables du terroriste Carlos avant de le neutraliser en douceur. Alors, quand il déboule au Quai d'Orsay avec le dossier Clearstream sous le bras, Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, l'écoute. La réunion se tient le 9 janvier 2004. On y parle d'un système de comptes occultes, de bénéficiaires célèbres... Fidèle à ses habitudes, le général sort son petit carnet. « Un compte couplé (?) N. Sarkozy - Stéphane Boksa (orthographe phonétique) à préciser », écrit-il méticuleusement. Un problème pour Villepin qui a toujours démenti avoir parlé de Sarkozy ce jour-là. « Ces notes ne sont pas conformes à la réalité », a-t-il martelé à la barre mercredi dernier.

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Autre jour, autres notes. Le 25 mars 2004, Imad Lahoud est placé en garde à vue dans une affaire d'escroquerie. Dans ses carnets, le général Rondot assure avoir reçu un coup de fil de Villepin pour faire libérer le falsificateur présumé des listings Clearstream. « Je l'ai bien appelé, a avoué l'ancien Premier ministre. Mais c'était juste pour avoir son avis sur les attentats de Madrid... » Rompu aux coups tordus, Rondot a très vite compris qu'il tenait une bombe entre les mains. Le 19 juillet 2004, il détruit les passages les plus brûlants de son journal intime. En fouillant son ordinateur, les enquêteurs en retrouveront une copie. On y découvre un Villepin « jubilatoire » et surtout « soucieux de ne pas apparaître dans ce scénario ». C'est raté.