Un « non » à la privatisation

Charlotte Mannevy

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La votation citoyenne sur le changement de statut de La Poste a connu un vif succès.
La votation citoyenne sur le changement de statut de La Poste a connu un vif succès. — POL EMILE / SIPA

Les derniers bulletins seront dépouillés ce matin et les résultats annoncés dans la foulée. Mais dès hier, le comité d'organisation exigeait l'ouverture d'un débat public. « On ne peut pas laisser retomber le soufflé. On ne va pas demander un rendez-vous au président de la République et attendre que le téléphone sonne », a prévenu Nicolas Galepides, élu syndical SUD-PTT et porte-parole du comité. Car la votation citoyenne sur l'avenir de La Poste lancée par soixante-deux associations, syndicats et partis de gauche a remporté un vif succès.

En une semaine, deux millions de personnes se sont exprimées sur le changement de statut, le double de ce qu'attendaient les organisateurs. Samedi, pas moins de 10 000 « bureaux de vote » avaient été recensés un peu partout en France. Sans surprise, l'écrasante majorité - 97 %, selon une estimation donnée hier soir -, a répondu « non » à la question : « Le gouvernement prévoit de changer le statut de La Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ? » Une question « truquée » selon le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, puisque le gouvernement se défend de vouloir privatiser ce service public. La privatisation n'est pas à l'ordre du jour, a répété tout le week-end le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi. La transformation prévue de La Poste en société anonyme en janvier, est, selon lui, rendue nécessaire par l'ouverture à la concurrence du secteur postal en 2011 dans l'Union européenne, mais « les capitaux resteront publics ». Un argument qui ne convainc pas à gauche : pour le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud (PS), « le statut actuel de La Poste lui permet de s'inscrire dans la concurrence ». W