Les syndicats étudiants perquisitionnés dans le cadre de l'enquête sur l'UIMM

POLITIQUE L'Unef, l'Uni, la Confédération étudiante étaient notamment visés... Cela relance la thèse d'un possible financement occulte d'organisations syndicales.

20minutes.fr (avec agence)

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La première audition de l'ancien président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, sur le fond du dossier des retraits suspects en liquide des caisses du patronat de la métallurgie a débuté mercredi à 14H20 au pôle financier du tribunal de Paris.
La première audition de l'ancien président de l'UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac, sur le fond du dossier des retraits suspects en liquide des caisses du patronat de la métallurgie a débuté mercredi à 14H20 au pôle financier du tribunal de Paris. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

Des perquisitions ont été menées jeudi matin à Paris aux sièges de syndicats étudiants afin de déterminer s'ils avaient ou non perçu des fonds de l'Union des industries et métiers de la métallurgie.  Quelque 16,5 millions d'euros ont été retirés en espèces des caisses de l'organisation patronale entre 2000 et 2007 sous l'autorité de son ancien président, Denis Gautier-Sauvagnac.

>> Notre dossier sur l'affaire du financement de l'UIMM


Les sièges de l'Unef (gauche), l'Uni (droite), Promotion et défense des étudiants (PDE), la Fage (indépendantes) et la Confédération étudiante (Cé), organisations étudiantes représentatives, étaient visées. Les perquisitions ont pratiquement toutes été effectuées mais au siège de Cé, les enquêteurs n'ont trouvé personne. Le juge s'est rendu lui-même au siège de l'Unef, a constaté un journaliste de l'AFP.

Démenti des syndicats


Le président de l'Unef, Jean-Baptiste Prévost, a assuré que son organisation n'avait «jamais bénéficié d'aucun versement» de l'UIMM et s'est dit «surpris» devant la presse à l'issue de la perquisition. «Je souhaite que la justice puisse faire son travail» et «que l'Unef puisse être très rapidement mise hors de cause dans cette affaire», a-t-il ajouté.

Claire Guichet, présidente de la Fage, interrogée par l'AFP, a précisé que les policiers «sont venus regarder nos documents» et «examiner (notre) comptabilité». «On n'a rien à cacher; (...) on est tranquille», a-t-elle fait valoir.

Le porte-parole de l'Uni, Rémi Martial, s'est déclaré lui aussi en «totale sérénité». «Les comptes de l'Uni sont certifiés», a par ailleurs écrit le syndicat dans un communiqué.

Vérification


Les organisations étudiantes ont été mises en cause durant l'instruction du dossier de l'UIMM relatif à des retraits suspects imputés à l'organisation patronale. Denis Gautier-Sauvagnac, l'ancien président de l'UIMM mis en examen dans cette affaire, avait affirmé au juge, selon une source proche de l'enquête, remettre chaque année 30.000 euros en espèces à Dominique de Calan, son bras-droit, lui aussi mis en examen, pour des organismes «en liaison avec la vie universitaire».

«J'ai toujours été un pragmatique», avait dit Dominique de Calan: «j'ai toujours travaillé avec tous ceux qui étaient ouverts quelles que soient leurs tendances politiques» sauf «les extrêmes». Il n'avait en revanche pas donné les noms des syndicats. Il s'agissait de vérifier ces affirmations durant les perquisitions, selon les sources proches de l'enquête, et de «fermer des portes».