La revalorisation des salaires des profs déçoit

EDUCATION Pour les syndicats enseignants, Luc Chatel doit prendre l'ampleur du malaise et revoir ses propositions...

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Luc Chatel, ministre de l'Education, en visite dans l'école publique de Lusanger.
Luc Chatel, ministre de l'Education, en visite dans l'école publique de Lusanger. — B. BECHARD / 20 MINUTES

Il estimait que les profs n'étaient pas assez payés, mais son coup de pouce n'est pas suffisant. Le ministre de l'Education nationale a proposé ce jeudi aux syndicats d'enseignants d'ouvrir quatre chantiers pour la revalorisation de leurs rémunérations, selon le discours du ministre mis en ligne sur le site du ministère.
 
100 euros de moins que prévus
 
Un premier chantier concerne «les débuts de carrière». Pour ceux-ci, une augmentation est prévue, mais «qui ne saurait être inférieure à 100 euros par mois», pour les jeunes profs, désormais recrutés à bac+5. Une somme estimée insuffisante par le secrétaire général du SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, Gilles Moindrot. Ce dernier a réagi en faisant part d'«un peu de déception»: «100 euros mensuels de hausse, alors que cela correspond à une élévation de qualification à bac+5, c'est un faible point de départ pour une discussion», a-t-il déclaré.

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Une hausse mensuelle de 200 euros avait pourtant été annoncée fin septembre  pour ces enseignants qui commencent. «On partage le constat d'une dévalorisation de la fonction enseignante, mais on ne voit pas quelque chose d'ambitieux qui répond à cela. Dans l'état actuel, ce plan ne concerne pas tous les enseignants, ni même une grande partie. Le ministre doit prendre l'ampleur du malaise et revoir ses propositions», a-t-il ajouté.
 
Une vision «trop consumériste de l'école»
 
Outre la revalorisation du salaire de jeunes enseignants, un chantier du «rattrapage» va être mis en place. Il doit éviter que les professeurs avec quelques années d'ancienneté se retrouvent moins bien payés que les débutants augmentés. Un troisième chantier, relatif à de «nouvelles missions» qui seront proposées dans le cadre de la réforme du lycée, verra également le jour. Il permettra aux enseignants de faire de l'orientation ou du tutorat. Enfin un quatrième, celui de «l'avancement de grade», visera à «faire évoluer les critères d'avancement en assurant un meilleur équilibre entre le mérite et l'ancienneté». Cela concernera tant les professeurs que les autres personnels (par exemple les administratifs).
 
Luc Chatel a déclaré qu'«améliorer la condition des enseignants (...) ne saurait se limiter en toute hypothèse à 40.000 d'entre eux!». Dans son discours, il a insisté sur «les vertus» du dialogue social et a dit être «frappé» par la «compétence» et le «dévouement» des enseignants, mais aussi «par leur isolement (...) face à une société qui a, hélas, développé une vision trop consumériste de l'école».