Joggeuse tuée par un récidiviste: Sarkozy veut une meilleure surveillance des condamnés qui ont purgé leur peine

REACTIONS La classe politique s'empare du débat...

J. M. avec agence

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Frédéric Lefebvre, en décembre 2008
Frédéric Lefebvre, en décembre 2008 — WITT/SIPA
L'homme qui a avoué avoir enlevé puis étranglé Marie-Christine Hodeau avait déjà été condamné pour une agression sexuelle. Libéré pour bonne conduite en 2007, le suspect est désormais mis en examen pour enlèvement et séquestration en état de récidive légale. Il n'en fallait pas moins pour relancer le débat sur la récidive.

Castration chimique

Nicolas Sarkozy a ainsi déclaré ce jeudi après-midi qu'il voulait une meilleure surveillance des condamnés qui ont purgé leur peine, selon l'Elysée. «Que quelqu'un qui a été condamné à onze ans de réclusion soit ressorti au bout de sept ans et qu'il ait pu se réinstaller là où il a vécu, c'est, pour moi, un pur scandale», a renchéri  le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand. >> Pour savoir comme le suspect s'est retrouvé libre, cliquez ici

Frédéric Lefebvre avait été le premier à dégainer, se demandant si l'on ne doit pas «enfin décider la mise en oeuvre de la castration chimique pour ce type d'individu». Le porte-parole de l'UMP s'est fendu d'un communiqué pour réclamer que toute la lumière soit faite sur «l'application des mesures de suivi des criminels sexuels». A noter cependant que es premières investigations n'ont pour l'heure pas permis d'établir que la victime ait subi des violences sexuelles, selon le procureur d'Evry.

«Indécent», lui a rétorqué Benoît Hamon. Le porte-parole du Parti socialiste a déploré le fait que «les moyens publics ont reculé», ce qui explique que les délinquants sexuels ne sont pas «pris en charge comme on devrait le faire, soit en établissement psychiatrique, soit en milieu carcéral» alors qu'ils devraient pouvoir bénéficier de «thérapies indispensables».

Les juges d'application des peines mis en cause

En écho, Brice Hortefeux a estimé que l'«assassinat de Marie-Christine Hodeau (...) aurait pu être évité». Le ministre de l'Intérieur, qui s'exprimait devant les préfets, a mis en cause «les juges d'application des peines qui ont pris la décision de libération conditionnelle» du meurtrier présumé. Des propos jugés «scandaleux» par les syndicats de magistrats. Christophe Régnard, président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), a en effet assuré que ses confères ont «appliqué la loi», rappelant par ailleurs que «Rachida Dati, n'a cessé de dire qu'il fallait aménager les peines au maximum pour vider les prisons, et assurer le suivi des personnes à l'extérieur».

La Ligue des droits de l'homme (LDH) a dénoncé «un nouveau dérapage populiste» du ministre de l'Intérieur. «Suivant avec zèle les traces populistes de Nicolas Sarkozy», Brice Hortefeux a rendu le juge d'application des peines «quasiment responsable» de ce meurtre, indique la LDH.

«Dispositif défaillant dans la réinsertion»

Emmanuelle Perreux, présidente du syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), a de son côté regretté d'«entendre Brice Hortefeux faire des raccourcis aussi rapides» et «désigner quelqu'un à la vindicte». La magistrate a rappelé que «les taux de récidive pour les gens qui ont fait l'objet d'un aménagement de peine sont moins importants que pour ceux qui sortent de prison sans aucun suivi». Mais cela ne suffit pas, a-t-elle ajouté, regrettant «un dispositif défaillant dans la prise en charge et la réinsetion, notamment pendant le temps carcéral».

Dénonçant «l'inanité de la loi sur la récidive», Marine Le Pen a répondu à l'UMP que les «récidivistes sont toujours protégés par Sarkozy». Citant le précédent de Nelly Crémel, autre joggeuse tuée en juin 2005 en Seine-et-Marne, la vice-président du FN a estimé que «la justice et les pouvoirs publics se sont montrés défaillants et incapables de neutraliser des individus représentant une menace pour la société».

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