Joggeuse tuée: le suspect n'avait pas respecté les termes de sa première libération conditionnelle

JUSTICE Le procureur a pris un réquisitoire supplétif pour assassinat contre l'homme qui a avoué avoir étranglé Marie-Christine Hodeau...

J. M. avec agence

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Photo récente de Marie-Christine Hodeau, 42 ans enlevée le 28 septembre 2009 dans la matinée alors qu'elle faisait son jogging dans la forêt de Fontainebleau.
Photo récente de Marie-Christine Hodeau, 42 ans enlevée le 28 septembre 2009 dans la matinée alors qu'elle faisait son jogging dans la forêt de Fontainebleau. — Gendarmerie nationale

«Il n'a toujours pas donné d'explication, il ne comprend pas lui-même ce qui l'a poussé à faire cela.» L'avocat du suspect, qui a avoué avoir étranglé Marie-Christine Hodeau, a déjà commencé à préparer la défense de son client, mis en examen pour enlèvement et séquestration, alors que le débat enfle autour du cas de cet homme, déjà condamné pour des faits similaires.

Contacté par 20minutes.fr, le procureur adjoint du parquet d'Evry a annoncé que l'homme avait déjà bénéficié d'une libération conditionnelle en 2006, avant d'être renvoyé en prison pour avoir emménagé à moins de 20 kilomètres de sa victime. Le suspect ne serait pas considéré comme dangereux pour des raisons purement psychiatriques, mais plutôt à cause de son addiction à l'alcool.

L'affaire Caroline Marcel

Le procureur de la République d'Evry a par ailleurs annoncé ce jeudi avoir pris «un réquisitoire supplétif du chef d'assassinat». Car selon lui, la «manière de faire» du suspect peut laisser penser que «dans un intervalle relativement bref avant la mort» de la victime, le suspect «a prémédité son geste».
Son passé pousse aussi les enquêteurs à travailler sur des «rapprochements» avec des histoires non élucidées, comme celle de Caroline Marcel, une autre joggeuse âgée de 45 ans, retrouvée étranglée en 2008 dans une rivière à Olivet (Loiret).

«Ces deux affaires sont à rapprocher. Ce rapprochement saute à l'oeil et nous y travaillons», a déclaré un des enquêteurs en charge de l'affaire. Mais les prélèvements ADN effectués à l'époque sont inexploitables, le corps étant resté une nuit dans l'eau. Il n'y avait pas d'empreintes non plus, la pluie ayant tout effacé.

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Confondu par son ADN, l'homme a pourtant commencé par nier les faits en bloc. Mais, sentant l'étau se resserrer mercredi, il a «fini par dire ce que tout le monde attendait», selon les termes de son avocat. Le suspect avait été condamné en 2002 à onze ans de réclusion criminelle pour le viol et l'enlèvement d'une adolescente de 13 ans et avait bénéficié d'une libération conditionnelle en 2007, assortie de mesures de contrôle strictes.

«Sa peine s'est achevée en novembre 2008 sans qu'aucun incident n'ait été signalé », a précisé une source judiciaire. L'homme était donc libre de ses mouvements, y compris dans la zone où il a commis le crime pour lequel il a été condamné. Après son placement en mandat de dépôt, c'est donc bien «en état de récidive légale» qu'ont été qualifiés les faits dont il est accusé.