Vote sur la rénovation du PS: la participation devrait passer son tour

POLITIQUE La rénovation, Benoît Hamon en est persuadé, «c'est un sujet qui intéresse les militants socialistes»... Mais se déplaceront-ils ce soir dans les sections pour se prononcer sur les primaires ouvertes ou le non-cumul des mandats ? Rien n'est moins sûr...

Charlotte Mannevy

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Selon Benoît Hamon, la participation devrait tourner « autour de 40-50 % » ce soir.
Selon Benoît Hamon, la participation devrait tourner « autour de 40-50 % » ce soir. — B. CHIBANE / SIPA

«Lors de ce type de scrutin, la participation tourne autour de 40-50%», reconnaît le porte-parole du PS. «A partir du moment où il n'y a pas de conflit, il y a peu de médiatisation et donc, peu de participation, note Jean-Christophe Cambadélis. Dès [ce soir] nous aurons le blanc-seing des militants pour passer à une nouvelle étape de la rénovation.» Toutefois, si le résultat ne fait guère de doute, le scrutin met aussi en lumière la désertion des militants.

Selon le dernier décompte officiel réalisé par le Bureau national des adhésions (BNA), le corps électoral du parti s'élève à 200 000 votants, soit tout juste 30 000 de moins qu'il y a un an. Seulement, à y regarder de plus près, le nombre de militants ayant payé leur cotisation, et donc autorisés à voter, est tombé à 64 000. Au PS, on se veut rassurant: «On peut se mettre à jour de ses cotisations au moment du vote. Moi-même, je ne suis pas à jour», affirme Benoît Hamon.

Difficile pourtant de croire que 130 000 personnes se déplaceront ce soir avec leur carnet de chèques dans les sections... Arnaud Montebourg, le secrétaire fédéral en charge de la rénovation, qui « appelle les militants à s'emparer de ce scrutin », le reconnaît à demi-mot : « Nous avons l'impression que les militants ont perdu la foi », mais il compte sur la « révolution rénovatrice » pour la leur redonner. Verdict ce soir.

QUESTIONS
Les militants du PS sont appelés à répondre à onze questions portant sur l’organisation de primaires ouvertes à l’ensemble de la gauche pour la désignation du candidat à la présidentielle de 2012, mais aussi sur le principe de non-cumul des mandats. Cette dernière question fait grincer des dents chez les élus socialistes.
Car si les militants votent «oui», non seulement il ne sera plus possible de cumuler plusieurs casquettes, mais le nombre de « présidences d’exécutifs locaux » (maire, président de conseil général ou régional) sera limité à trois successives.
Les élus auront le temps de se préparer, puisque les régionales de mars prochain ne seront pas concernées. La mesure « sera mise en place progressivement, à partir des législatives de 2012», indique-t-on au PS.